En janvier 2025, l'association La Maison des 7 Vallées avait ouvert ses portes à Saint-Jean-de-Luz, offrant un refuge aux femmes enceintes en situation de précarité. Aujourd'hui, un an après, elle est sous la menace d'une fermeture imminente en raison d'un manque d'agrément.
Cette annonce a été reçue par les fondatrices Marianne et Gloria, qui n'en reviennent pas. Selon un courrier de la section des Solidarités Humaines du Département, l'association exerce des missions médico-sociales sans autorisation officielle. En effet, tout établissement accueillant ce type de public doit se soumettre au Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF).
Pourtant, les deux bénévoles mettent en avant leur bonne foi et un profond sentiment d'injustice. Elles évoquent de multiples tentatives de régularisation auprès de l'administration départementale. L'été dernier, le département avait publié un appel d'offres pour des agréments, mais la Maison des 7 Vallées n'y avait pas répondu, pensant que sa structure était suffisante pour opérer.
Colocation à loyer modéré
Le dispositif proposé par l'association consiste en une colocation avec loyer modéré, soutenue par des aides pour les courses et la nourriture, permettant aux mères de retrouver un logement stable. Jusqu'à présent, quatre femmes ont été accueillies avec un retour très positif sur cette initiative. Cependant, la qualification de leur activité comme établissement médico-social complique leur situation.
Le Conseil départemental insiste sur la nécessité de formations et d'agréments pour assurer la sécurité de ces publics vulnérables. "Ces jeunes femmes ont besoin d'une certaine protection", a souligné un représentant du conseil contacté par Sud Ouest.
Suspicion sectaire
Des accusations plus graves se profilent également. L'administration a évoqué des soupçons de pratiques sectaires au sein de la maison, ce qui a fait lever les sourcils des fondatrices. Elles se défendent en expliquant que des règles simples de vie ont été instaurées, comme des horaires de retour, pour maintenir un cadre de vie agréable.
Les envolées lyriques des fondatrices se heurtent à la logique administrative en place. En attendant, elles envisagent des recours juridiques et un rendez-vous avec le Conseil départemental pour clarifier leur situation.
Rendez-vous avec le Département
Elles s'interrogent sur le sort de leur initiative : "Si on ne peut plus loger ces femmes, que va-t-on faire de cet endroit ? Le transformer en Airbnb ?" soulèvent-elles avec un goût amer. Leur combat s'inscrit dans une période critique de crise du logement dans la région, où des solutions doivent être trouvées pour les plus vulnérables.







