Avec une augmentation de près de 25% de sa population et une construction massive de nouveaux logements dans les années 2010, Villenave-d'Ornon se trouve à un croisement critique. Cette dynamique, bien que bénéfique à première vue, appelle à repenser l’équilibre entre développement urbain et qualité de vie des habitants. Selon une récente étude de l’INSEE, la ville a gagné 8 455 habitants entre 2017 et 2023, soit une croissance de 24,8%. Il s'agit d'un changement profond pour la commune.
Durant cette période de croissance, la construction de logements a explosé, atteignant des sommets en 2017 et 2018 avec plus de 3 000 unités autorisées par an. Michel Poignonec, le maire en fonction et candidat à sa réélection, se souvient : « La commune avait du foncier disponible et un véritable besoin de construction. À l'époque, moins construire signifiait crise. »
Coup de frein après 2018
Cependant, depuis 2018, le rythme des constructions a considérablement ralenti. En effet, le nombre d’unités construites a chuté à 166 en 2023, poursuivant cette tendance à la baisse avec 157 en 2024 et 120 en 2025. Le maire a indiqué que cette décision visait à apaiser une pression foncière que la population peine à accueillir : « Nous avons établi des outils pour gérer cette dynamique avec Bordeaux Métropole, mais nos leviers restent limités. »
Le débat actuel à Villenave-d'Ornon tourne autour de l'accompagnement de cette nouvelle population. L'opposition, représentée par Stépahnie Anfray, souligne le manque d'infrastructures adaptées aux nouveaux quartiers : « Certains quartiers n’ont même pas de pharmacie ! Il existe une inégalité dans la répartition des services, et un besoin pressant pour des lieux associatifs et sportifs. »
Le débat de l'urbanisation
Pour Michel Poignonec, la anticipation des équipements publics est primordiale. Une école de 14 classes a été ouverte dans le quartier du Bocage avant l'afflux des nouveaux habitants, un choix qui a permis de répondre à la demande éducative croissante. « Même si l'école était à moitié vide au début, elle accueille aujourd'hui tous les enfants. » Cela illustre bien l'importance d'un développement urbanistique réfléchi, qui allie création de logements et amélioration des infrastructures.
Les deux candidats se rejoignent sur un point : la nécessité de prendre en compte les nouvelles réalités de la population, comme l'essor des familles monoparentales et le souhait d'accéder à une consommation de proximité.
Face à ces défis, Villenave-d'Ornon devra naviguer habilement entre croissance démographique et préservation de la qualité de vie, un enjeu central de la campagne électorale de 2026.







