À Saint-Martin-la-Pallu, une petite commune de 5 700 habitants, une évolution notable se dessine avec l'intention du maire sortant, Hervé Renaudeau, d'armer le policier municipal. Actuellement, Fabien, le policier en question, est déjà équipé d'un gilet pare-balles. Bientôt, il aura également un pistolet semi-automatique, un bâton télescopique et une bombe lacrymogène. Cette initiative a pour but, selon Renaudeau, de "lutter contre l'insécurité".
Ce choix s'inscrit dans une tendance plus large observée en France, où le nombre de policiers municipaux armés a considérablement augmenté. En effet, un rapport du Sénat datant de 2023 indique que 60 % des policiers municipaux portent aujourd'hui une arme de poing, contre seulement 40 % en 2012. Les inquiétudes croissantes face aux actes de délinquance motivent cette tendance.
Des réactions de la population
Mélanie, résidente d'un hameau dans la commune, exprime un sentiment mitigé. Bien qu'elle ne se sente pas directement concernée par la décision, elle note que "cela peut rassurer certaines personnes". Pour elle, la présence d'un gros chien à domicile suffit à décourager les cambrioleurs. De son côté, Fabien, le policier municipal, estime essentiel de disposer de protections adéquates, affirmant que "si on nous donne des gilets pare-balles, c'est qu'il y a un risque".
Une décision encadrée
Fabien précise que le port d'arme est soumis à un cadre strict. "On n'est pas des cow-boys, nous avons des obligations", souligne-t-il. Il devra s'entraîner régulièrement, au moins deux fois par an, pour maintenir ses compétences. Toutefois, il insiste sur le fait que sa mission principale reste d'assurer une présence rassurante dans la commune, notamment devant les écoles et les commerces.
L'efficacité de cette mesure : un débat ouvert
Le maire défend sa décision en réagissant à "des tensions de plus en plus présentes dans la société", citant des incidents tels que des vols et des dégradations. Valérie Chebassier, candidate d'opposition, soutient également l'idée d'armer les policiers. Cependant, elle condamne le manque de moyens et propose une mutualisation des ressources au sein de la communauté de communes, afin d'assurer une sécurité continue pour les habitants.
Ce débat soulève des questions sur l'efficacité d'une telle mesure et son impact sur la sécurité des citoyens de Saint-Martin-la-Pallu. Pour certains, l'armement des policiers pourrait être perçu comme une escalation, tandis que d'autres estiment qu'il s'agit d'une nécessité face à un climat de peur grandissant.
En attendant, cette discussion se poursuivra, tandis que la commune se prépare à une nouvelle réalité sécuritaire.







