La cellule d'investigation de Radio France a recueilli des témoignages alarmants sur le climat toxique au travail à la mairie de Tremblay-en-France, dirigée par François Asensi. Deux plaintes ont été déposées contre un agent municipal accusé de harcèlement moral et sexuel, ainsi que d'agression sexuelle.
Des accusations graves visent un directeur de service de la mairie, suite à des plaintes formulées par deux employées en décembre 2025 et janvier 2026. Les comportements problématiques de ce supérieur, déjà dénoncés par d'autres femmes au fil des années, soulèvent des inquiétudes sur la gestion de la municipalité.
Un incident marquant a eu lieu en juin 2025, lorsque Lucie*, l'une des plaignantes, a partagé son expérience de l'agression avec des collègues. Elle raconte que son directeur lui a fait des avances inappropriées en la saisissant par la gorge après des commentaires inacceptables sur ses fantasmes sexuels. "J'étais pétrifiée. J'ai eu besoin de quitter le bureau en larmes", a-t-elle confié.
Un mémo adressé le mois suivant à sa DRH n'a pas suscité de réactions. Lucie a fait état d'un harcèlement quotidien, incluant des remarques déplacées sur son apparence. "Il me poussait à le câliner pour "remonter mon moral", a-t-elle expliqué dans sa plainte.
La DRH, après avoir pris conscience de la gravité de la situation, a suggéré une enquête administrative. Cependant, Lucie craignait de rencontrer à nouveau son agresseur présumé. Trois mois plus tard, après des consultations médicales et un suivi psychologique, son état de santé avait suffisamment décliné pour justifier un arrêt de travail.
Des témoignages similaires émanant d'autres agentes montrent un schéma de management toxique, où le directeur, décrit par ses collègues comme inconsistant émotionnellement, a causé des séquelles graves. "Il est manipulateur, il sait jouer sur la sensibilité des gens", a affirmé Sarah*, une collègue déjà affectée par un stress accablant.
En 2025, la situation a pris une tournure dramatique, les patrouilles ont révélé qu'au moins huit femmes avaient signalé des comportements problématiques dirigés par le même supérieur. L’inaction de la mairie vis-à-vis des demandes de signalement alerte aujourd'hui les victimes potentielles. "Pourquoi cet homme est-il toujours en poste ?" s’interroge Lucie.
Contacté par Radio France, le maire a pourtant reconnu qu'un comportement inapproprié avait bien été identifié, mais il a aussi indiqué que cela ne justifiait pas de sanction disciplinaire. Une approche qui questionne la rigueur de la municipalité dans la gestion des réclamations concernant le harcèlement au travail.
Les victimes lancent un cri d'alarme, espérant enfin voir un changement réel avant qu'une autre agente n'ait à subir ce qu'elles ont vécu.
*Les prénoms ont été modifiés pour préserver l'anonymat.







