La flambée des prix du carburant, exacerbée par les conflits au Proche et Moyen-Orient, plonge les infirmières et aides à domicile de la Vienne dans une précarité grandissante. Selon l'ADMR, si cette situation perdure, les frais supplémentaires pourraient atteindre entre 20.000 et 30.000 euros par mois.
À des milliers de kilomètres de ces conflits, des professions telles que les infirmières et aides à domicile se retrouvent en première ligne de cette crise des prix. Ces professionnels, qui parcourent parfois jusqu'à 200 km par jour et remplissent leur réservoir deux à trois fois par semaine pour se rendre chez leurs patients, subissent de plein fouet les conséquences de l’envolée des prix de l'essence. Cet impact se traduit directement sur leurs revenus et sur le budget des structures comme l'ADMR.
20.000 à 30.000 euros de pertes économiques
Le réseau associatif de services à la personne, qui emploie plus de 900 aides à domicile pour accompagner les personnes âgées et isolées, doit faire face à une réalité difficile. Actuellement, la majorité de ces aides (85 %) utilisent une carte carburant fournie par l'ADMR, qui supporte cette augmentation des coûts. "Lorsque nous constatons des pénuries de carburant ou des hausses soudaines à la pompe, cela engendre de nombreuses interrogations", confie Amandine Guyoumard, directrice adjointe de l'ADMR de la Vienne. "Une augmentation de 20 centimes peut sembler minime, mais elle représente 8 euros de plus par plein. Multipliez cela par nos 850 véhicules, et les surcoûts deviennent considérables en un mois".
Les infirmières libérales, également touchées par cette crise, s’alarment des répercussions que ces fluctuations de prix ont sur leur pratique. La Fédération nationale des infirmiers a récemment appelé l'État à réduire la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) pour leur profession. Laure Tassin, infirmière libérale à Fontaine-le-Comte, confirme les difficultés rencontrées, ayant dû faire face à des stations-service en pénurie d'essence lors de ses trajets.
Victimes et spectateurs d’un conflit lointain
"Nous sommes spectateurs, mais aussi victimes de ce qui se passe en Iran et au-delà. Je n'ai jamais autant craint de manquer d'essence. Je me rends automatiquement à la station-service dès que je suis à moitié plein", indique Laure Tassin. Le 11 mars 2026, elle a payé 92 euros pour son plein, un coût considérable par rapport aux 75 euros de la semaine précédente. "Cette hausse a un impact palpable sur notre chiffre d'affaires", ajoute-t-elle, en précisant qu'elle remplit normalement deux réservoirs par semaine pour parcourir environ 170 km. Si la situation ne s'améliore pas, elle pourrait faire face à un surcoût allant jusqu'à 150 euros par mois, sans envisager pour l'instant d'augmenter le coût de ses consultations.







