Par Elise Martin
L'essentiel
- Grégory Doucet, maire EELV sortant, a affirmé que le 4e arrondissement avait le taux de délinquance le plus bas de Lyon.
- Un contrôle des faits s'impose alors que les élections municipales approchent.
- Les chiffres montrent une forte augmentation des vols avec violence dans la ville en un an.
Les 15 et 22 mars prochains, les électeurs lyonnais choisiront leur maire. La rédaction de « 20 Minutes » s'engage à vous fournir des informations précises dans le cadre de ces élections.
La question de la sécurité est centrale dans le débat municipal, où Doucet a soutenu que le 4e arrondissement bénéficie d'un environnement plus sûr. Néanmoins, des rapports de BFM mettent en lumière une forte hausse des vols avec violence, passant de 1.768 à 3.146 incidents en un an.
Pour analyser ces déclarations, nous avons croisé les données du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI). Selon ces chiffres, le 4e arrondissement, inclus dans le quartier de la Croix Rousse, enregistre moins de vols violents que d'autres zones comme le 3e ou le 7e arrondissement, avec seulement 27 cas notés en 2024.
FAKE OFF
Le 4e arrondissement est-il vraiment le plus sûr de Lyon ?
Les données du SSMSI semblent soutenir les affirmations de Doucet, le 4e étant effectivement l'un des quartiers les moins touchés par la délinquance. Les vols violents y sont significativement inférieurs à ceux observés dans le 3e, le 7e et le 1er arrondissements.
Il est cependant intrigant de constater que cette zone ne dispose d'aucune caméra de surveillance, une anomalie dans une ville qui en possède en moyenne 12,7 par km², suite à une interpellation de Jean-Michel Aulas lors du débat sur BFM.
L'absence de vidéosurveillance dans le quartier
Aulas a interrogé Doucet sur le manque de vidéosurveillance dans un quartier aussi sensible, à quoi le maire a répondu en avouant l'absence totale de ces dispositifs. Rémi Zinck, le maire de l'arrondissement, avait précédemment indiqué que les bénéfices de la vidéosurveillance n'étaient pas avérés dans les résolutions de cas criminels, citant une résolution de seulement 2% des délits grâce à ces caméras.
La municipalité mise plutôt sur la présence physique des forces de police et sur un tissu social dynamique, favorisé par des associations locales et des comportements communautaires.
Dans le débat concernant les caméras additionnelles, Aulas propose d'installer 600 caméras supplémentaires, tandis qu'Alexandre Dupalais, du Rassemblement National, plaide pour l'ajout de 5.000 caméras.
Qu’en est-il de la sécurité de Lyon dans son ensemble ?
La montée des chiffres de délinquance ne semble pas isolée à Lyon; le rapport du SSMSI montre une tendance nationale à la hausse. En effet, les indicateurs de violences ont tous augmenté, révélant des préoccupations partagées au niveau national.
Enfin, bien que certaines catégories de criminalité soient en légère augmentation dans le 4e, cela fait écho à des changements structurels au sein de la société actuelle, souvent exacerbés par la crise sanitaire. Pour des raisons de comparaison, 2019 est utilisé comme année de référence, car d'autres années ont été impactées par des mesures sanitaires telles que les confinements.
Ainsi, ces dernières données témoignent d’une réalité plus nuancée sur les enjeux de sécurité à Lyon, soulignant que la sécurité ne se résume pas juste à des statistiques ou à une prolifération de caméras.







