À partir du 1er août 2025, le taux de rémunération du Livret A diminuera, suscitant des interrogations sur son attractivité. Faut-il envisager de nouvelles options d'épargne ? Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, nous éclaire sur la question.
Actuellement, le taux d’intérêt annuel du Livret A a été fixé à 2,4 %, tandis que celui du Livret d'épargne populaire (LEP) est de 3,5 %. Dès le 1er août, ces taux passeront respectivement à 1,7 % et 2,7 %. Cet article vise à explorer les implications de cette baisse et à identifier les meilleures alternatives à cette forme d’épargne.
Le Livret A à 1,7 % : vaut-il encore le détour ?
Le Livret A est l’un des placements favoris des Français, avec 78,1% des ménages en étant détenteurs, selon une étude de l'Insee sur le patrimoine des ménages. Considéré comme un “livret d’épargne bancaire réglementé permettant de mettre de l’argent de côté“, le Livret A reste attractif malgré la baisse de son taux.
Philippe Crevel souligne que bien que la baisse des taux soit souvent perçue négativement, il est crucial d’examiner le rendement véritable, c’est-à-dire ajusté pour tenir compte de l’inflation. Actuellement, avec une inflation turant autour de 1 %, le rendement du Livret A demeure “légèrement positif”, contrairement à l'année dernière où l'inflation était de 6 %. “Par conséquent, même un taux inférieur aujourd'hui reste plus favorable que celui d'il y a un an”, précise-t-il.
Pour autant, Crevel avertit que le Livret A est principalement un placement de précaution, idéal pour des objectifs à court terme, sans potentiels de gains significatifs. D’autres options d’épargne peuvent offrir de meilleurs rendements.
Alternatives au Livret A : LDDS, PER et autres options
Les alternatives classiques se composent du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui requièrent un montant d’ouverture faible et offrent une liquidité immédiate. Philippe Crevel met en avant le Livret d’Épargne Populaire (LEP) comme une option particulièrement intéressante, affichant un taux de 2,7 % net d’impôt, mais il est accessible uniquement aux familles modestes ayant un revenu fiscal de référence inférieur à 22.823 euros. “Les personnes éligibles devraient envisager d'en ouvrir un”, recommande-t-il.
Assurance-vie : avantages et considérations
Pour un horizon d'épargne à moyen ou long terme, l'assurance-vie se présente comme une option robuste. Les rendements des « fonds euros » se chiffrent à environ 2,6 % en 2024. Bien que le capital soit garanti, les intérêts sont soumis à une fiscalité. De plus, le Plan d’Épargne en Actions (PEA) propose une fiscalité favorable après cinq ans, mais engendre des risques supérieurs. Un compte-titres constitue une solution flexible avec une fiscalité ordinaire.
Pour ceux soumis à l’impôt sur le revenu, le Plan Épargne Retraite (PER) mérite une attention particulière, car les contributions sont déductibles de l'impôt jusqu'à 4.637 euros par an, dans le cadre d'une épargne à long terme.
Cela dit, d'autres options comme la crypto-monnaie existent, mais Philippe Crevel avertit : “C'est un investissement hautement risqué. Bien que des gains soient possibles, les pertes le sont également. Il est crucial d’agir prudemment et de choisir des applications fiables enregistrées en Europe”.
Un grand merci à Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’Épargne, pour ses conseils.







