Donald Trump a récemment décrit des pourparlers "très positifs" avec l'Iran, annonçant une opération à partir de lundi pour libérer des navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe, suscitant une réaction immédiate de Téhéran.
Dans un tournant spectaculaire par rapport aux tensions des jours précédents, le président américain a évoqué un "geste humanitaire" et un acte de "bonne volonté" en faveur des marins coincés suite à la fermeture du détroit d'Ormuz, et a salué des discussions constructives avec Téhéran via le Pakistan.
À compter de lundi matin, la marine américaine commencera à escorter des navires de pays non impliqués dans le conflit moyen-oriental à travers le détroit, comme l'a révélé Trump sur sa plateforme Truth Social.
Cependant, il a mis en garde que toute entrave à cette opération, baptisée "Project Freedom" (Projet Liberté), devra être "malheureusement traitée par la force".
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que cette mission mobilise des destroyers lance-missiles, plus de 100 aéronefs et 15 000 soldats.
L'Iran, de son côté, a dénoncé cette opération comme une violation de la trêve instaurée depuis le 8 avril, affirmant qu'une intervention américaine dans le nouveau régime maritime serait inacceptable. Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, a exprimé son mécontentement en déclarant sur X que "toute intervention américaine sera considérée comme une violation".
Depuis le début des hostilités, l'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole. En réponse, Washington a également tenté de couper l'accès aux ports iraniens début avril.
Cette tension accrue a propulsé les prix du pétrole à leurs niveaux les plus élevés depuis 2022, mais ils se sont légèrement corrigés ce lundi avec le baril de Brent tombant autour de 107 dollars, bien en dessous des pics atteints récemment.
Au 29 avril, 913 navires commerciaux naviguaient dans le Golfe, dont 270 pétroliers, selon AXSMarine. Environ 20 000 marins sont touchés par ces restrictions, selon un responsable de l'agence britannique UKMTO.
Trump a souligné que de nombreux équipages manquent de nourriture et de fournitures essentielles. Son administration a, par ailleurs, mis en garde contre les sanctions à l'encontre des navires payant les autorités de Téhéran pour passer le détroit.
Malgré des mois de conflits coûteux, Iran et États-Unis n'ont pas su rétablir le dialogue, même après une première rencontre au Pakistan. En réponse à l'impasse, Téhéran a récemment fait une nouvelle proposition à Washington, dans laquelle il exige le retrait des forces américaines des zones adjacentes à ses frontières, la levée des sanctions, et des réparations pour les dommages déjà causés, comme le rapporte l'agence Tasnim.
Cependant, les inquiétudes concernant le programme nucléaire iranien demeurent au cœur des discussions, bien que ce sujet ne figure pas dans le dernier plan proposé. Cette situation est particulièrement délicate au regard des tensions croissantes observées en terre libanaise, où Israël a intensifié ses bombardements, causant des pertes civiles.







