La phytoépuration englobe divers écosystèmes capables de nettoyer les sites contaminés par des pollutions organiques, minérales ou, dans une certaine mesure, chimiques. Destinés principalement aux secteurs industriels et aux collectivités de petite à moyenne taille, les phytoépurateurs se révèlent être des solutions écologiques intéressantes pour les installations privées autonomes.
Ce dossier se concentre sur le traitement des eaux usées domestiques par lagunage, une méthode inspirée des zones humides naturelles.
Légalité des systèmes d'assainissement non-collectifs par lagunage
Ces installations ne bénéficient d'aucun agrément des autorités sanitaires. Avant même le début des travaux, l'utilisateur doit s'assurer d'au moins deux conditions :
- Vérifier l'absence d'un réseau de tout-à-l'égout à proximité, conformément à la loi qui impose le raccordement des bâtiments à ces collecteurs dans un délai maximum de 2 ans après leur mise en service.
- Obtenir une autorisation dérogatoire auprès du Service Départemental de la Police des Eaux (SDPE). Une étude approfondie, ainsi que l'assistance du Service Public d’Assainissement Non Collectif (SPANC) de la commune, peuvent être des atouts significatifs pour un dossier solide.
Fonctionnement de l'assainissement par lagunage
La dégradation des polluants par des microorganismes, des plantes aquatiques et des végétaux en suspension crée une chaîne alimentaire, allant des bactéries aux poissons. Un dispositif de lagunage comprend plusieurs bassins artificiels, ou lagunes, qui permettent de concentrer et fixer les nutriments, favorisant ainsi un environnement optimal pour le développement de la faune et de la flore microscopiques. Chaque étape du traitement est soigneusement étudiée pour maximiser l’efficacité de l’épuration. À la fin du processus, l'eau doit être suffisamment propre pour être infiltrée, à condition que la perméabilité du sol le permette. En dernier recours, l’évacuation vers des mares, des rivières ou des fossés peut être envisagée, avec les autorisations nécessaires.
Physionomie d'une filière de lagunage
Après un prétraitement, les eaux usées traversent lentement un ensemble d’au moins trois lagunes reliées par des tuyaux ou des débordements. Chaque bassin est conçu selon son rôle fonctionnel et les caractéristiques des déchets. Divers matériaux peuvent être employés, allant d'une simple excavation dans la terre argileuse à des revêtements en argile compactée ou en géomembrane, garantissant l’étanchéité des bassins.
Les étapes clés du traitement
Dégrillage : cette première étape mécanique retient les objets lourds et encombrants pour éviter l’obstruction des tuyauteries et garantir la longévité des systèmes.
- Entretien : vider le réceptacle 3 à 4 fois par an.
Dégraissage : un bac à graisse permet d’éliminer les matières grasses, ce qui est essentiel, particulièrement pour les installations privées.
- Entretien : écrémer la couche de graisse 2 à 3 fois par an.
Décantation : cette première lagune, qui occupe plus de la moitié de l’espace, permet de transformer les solides lourds en gaz et en minéraux, grâce à l'action de microorganismes anaérobies. À ce stade, l’eau peut perdre jusqu’à 75 % de ses impuretés.
- Entretien : pompage des boues tous les 7 à 10 ans.
Alternatives et traitements biologiques
Certains systèmes peuvent ne pas nécessiter de lagune de décantation, utilisant un même bassin pour traiter biochimiquement grâce à des microorganismes. Ces méthodes demandent des surfaces importantes et consomment de l'énergie pour le brassage de l'eau.
Deuxième lagune : celle-ci est moins profonde et se charge de nettoyer les dernières traces de polluants microbiaux et minéraux. Les algues microscopiques et le phytoplancton contribuent à cette purification en se nourrissant des déchets restants.
- Entretien : supervision des berges et contrôle des charges bactériennes.
Troisième lagune : ici, les zooplanctons et les végétaux effectuent les derniers nettoyages. Les bords paysagers contribuent aussi à l’oxygénation. L’eau peut être infiltrée ou utilisée pour divers usages.
- Entretien : surveillance de la qualité de l'eau, avec l'aide des oiseaux aquatiques pour réguler la faune.
Avantages et inconvénients du lagunage
- Écosystème respectueux de l'environnement
- Intégration harmonieuse dans le paysage
- Efficacité de décontamination supérieure à des systèmes classiques
- Investissement initial raisonnable
- Coûts d'exploitation faibles
- Durabilité à long terme
- Besoin d'une importante surface de terrain
- Exigence d'une dérogation administrative
- Dépendance au sérieux des études préalables
- Rendement variable selon les saisons
- Maintenance régulière nécessaire
- Attrait possible pour les rongeurs et les moustiques
Coûts de construction
Les coûts d'investissement pour une filière de lagunage dépendent de sa capacité de traitement ainsi que des particularités du terrain.
En moyenne, on peut estimer :
- Entre 3 500 et 5 000 € TTC pour l'assainissement d'une maison de 5 pièces.
- Entre 500 et 1 000 € pour l’étude préalable.







