Les océans mondiaux s'acheminent vers un mois de mai potentiellement historique en matière de températures, alors que le phénomène naturel El Niño, qui entraîne une hausse des températures de surface, se profile à l'horizon, selon Copernicus. En avril, les températures à la surface des mers, hors zones polaires, ont frôlé les records précédemment établis pour 2024.
« Nous sommes à quelques jours d'enregistrer des températures maritimes record pour le mois de mai », a déclaré Samantha Burgess, directrice stratégique au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, lors d'une interview à l'AFP.
Des vagues de chaleur marine touchent vaste étendue du Pacifique équatorial jusqu'à la côte ouest des États-Unis et du Mexique. Dans le cadre de ce phénomène, des régions comme l'Indonésie pourraient connaître des sécheresses, tandis que des pays tels que le Pérou devront se préparer à des inondations trop importantes.
Un El Niño possiblement plus intense
L'Organisation météorologique mondiale souligne la probabilité grandissante d'un retour d'El Niño entre mai et juillet, à mesure que le phénomène inverse, La Niña, disparaît. Ces prévisions se basent sur l'analyse des températures dans une région particulière du Pacifique.
Cependant, il est essentiel de noter que le retour d'El Niño, s'il est naturel, s'intègre désormais dans un contexte de réchauffement climatique causé par les activités humaines, dont les émissions de CO2 résultant de la combustion des énergies fossiles. Cela créé un effet de serre préoccupant.
D'après certaines prévisions, le prochain El Niño pourrait rivaliser avec celui de 1997/1998, considéré comme un « super El Niño ». Les effets de ce phénomène sur la température moyenne de la planète se manifestent souvent l'année suivant son apparition, alimentant les craintes pour l'année 2027.
Le climatologue Zeke Hausfather de l'institut Berkeley Earth estime que 2027 pourrait marquer un nouveau record thermique, surpassant celui de 2024. Samantha Burgess a cependant précisé que bien qu'il soit trop tôt pour établir une évaluation précise de l'intensité de cet El Niño, il est fort probable qu'il soit remarqué dans les données climatiques futures.
L'escalade des événements climatiques extrêmes
Dans son dernier bulletin, Copernicus confirme que la banquise arctique a peu gagné de terrain cet hiver, affichant des niveaux alarmantement bas. En termes de chaleur, avril 2026 se classe parmi les trois mois d'avril les plus élevés jamais enregistrés.
Le mois dernier a également été marqué par divers phénomènes météorologiques extrêmes : des cyclones dans le Pacifique, des inondations en Asie centrale et méridionale et des sécheresses en Afrique australe. Le Moyen-Orient, en particulier, a subi des crues diluviennes, avec des conséquences tragiques en Iran, en Afghanistan, en Arabie Saoudite et en Syrie.
Samantha Burgess souligne que « chaque mois apporte davantage de preuves que le changement climatique est le facteur moteur de ces événements extrêmes ». L'Europe, qui a connu des variations climatiques en avril, se prépare à un été avec des températures anormalement élevées, assorties de précipitations inférieures aux normales, augmentant ainsi le risque de sécheresse et d'incendies.







