Ce jeudi 7 mai, un militant opposé à l'implantation de l'usine à pellets de Biosyl a été appelé devant le tribunal de Guéret. Cet homme, âgé de 40 ans, est accusé d'avoir qualifié Eric Correia, ancien président de l'Agglomération du Grand Guéret, de "fasciste", "nazi", "franc-maçon" et "capitaliste" à la sortie d'un conseil communautaire le 27 juin 2024.
Le prévenu, qui conteste les faits, a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation visant à museler les voix dissidentes. D’après ses dires, de nombreuses personnes se retrouvent dans des situations similaires, comme il l’a fait savoir au tribunal avec une citation d’un ouvrage juridique pour soutenir son propos.
À la barre, il est arrivé vêtu de noir, portant un t-shirt avec l'inscription "maudite soit la guerre", et a préparé un discours écrit à la main. Il a déclaré : "On utilise des méthodes d'intimidation et le système judiciaire pour réduire les personnes au silence".
Le décalage des interprétations
Lors de son intervention, il a reconnu avoir été présent lors du conseil avec un groupe de manifestants, mais a nié avoir proféré des insultes. En réponse à la question de la présidente du tribunal, il a affirmé : "Absolument pas. Ce ne sont même pas des insultes. Ce sont des termes politiques, factuels".
La procureure, cependant, a réagi en défendant la gravité des accusations portées par le militant, soutenant que les termes utilisés sont chargés d'une forte connotation historique et doivent être considérés comme des atteintes à la dignité. Elle a requis 105 heures de travaux d'intérêt général, en soulignant l'impact dégradant de tels propos.
Le tribunal doit se prononcer sur l'affaire le 4 juin prochain, tandis que la tension entre les manifestants et les élus locaux continue de croître dans le contexte des débats sur l’écologie et le développement économique.







