Inspirée par son père, artisan charcutier, Léa Aponte souhaite transmettre ce savoir-faire à travers des ateliers ouverts à tous qui débuteront en juin à Troyes (Aube). Certains événements affichent déjà complet.
L’idée du « Charcuterie Club » ne surgit pas par hasard. Elle s'ancre dans une histoire familiale, celle d’un père passionné qui, durant la crise du Covid, a commencé à partager son savoir sur Internet. « Mon papa, Jérôme Alexandre, a créé des vidéos pour montrer aux gens comment réaliser leur propre charcuterie », se souvient Léa Aponte. Il a également proposé des formations sur une plateforme en ligne, désireux que chacun puisse y arriver.
Rapidement, cette approche pédagogique attire des particuliers de toute la France et même de l’étranger, qui viennent se former à ses côtés. Fort de ce succès, Léa, récemment installée à Troyes après 15 ans passés à l’étranger, se lance dans ce projet. « Troyes est réputée pour sa charcuterie, notamment son andouillette. Il y a tant à dire sur la charcuterie ultratransformée… Mais une charcuterie bien faite, que l’on qualifie de paysanne, est à la portée de tous », précise-t-elle, visiblement déterminée à changer les mentalités.
« Les gens viennent avec une glacière et ils fabriquent tout »
Les ateliers au programme incluent la préparation de pâté en croûte, de saucisses et de saucissons, réalisés à partir de produits simples, sans additifs, en phase avec les saisons. En juin, le focus sera mis sur les saucisses idéales pour les barbecues, tandis qu'à l’automne, les participants apprendront à confectionner du saucisson sec. Les trois premières sessions sont fixées entre le 11 et le 13 juin 2026, et certaines affichent déjà complet, avec d'autres qui pourraient voir le jour cet automne et cet hiver.
Aucun démonstration passive ici : chaque participant met la main à la pâte, ou plutôt à la viande. En petits groupes de six, ils trient, hachent, assaisonnent et embossent. « Les gens apportent simplement leur glacière et partent avec leurs créations », souligne avec enthousiasme la formatrice. Chaque participant bénéficie d'un accompagnement sur mesure, prêt à reproduire les recettes à la maison.
Bientôt un incontournable pour les touristes étrangers ?
« J'apprécie ces défis. Mon objectif est de prouver aux passionnés qu'ils peuvent se lancer eux-mêmes », confie Léa Aponte. Bien qu'elle gère le projet à Troyes, les ateliers sont pour l’heure animés par son père, un vrai expert en la matière. Léa poursuit sa formation pour obtenir son CAP de boucher et ainsi diriger elle-même les ateliers.
Trilingue, elle envisage d'attirer une clientèle internationale. « Je pourrais traduire les ateliers en anglais et en espagnol pour faire découvrir notre gastronomie française », imagine-t-elle, en collaboration avec l’office de tourisme de Troyes, un projet qui est déjà en discussion.







