Espaces restreints, promiscuité, population souvent vulnérable… Les navires de croisière accumulent les conditions favorables à la dissémination de virus. Récemment, un incident lié à l'hantavirus à bord du MV Hondius démontre que ces "villes flottantes" peuvent devenir de véritables foyers épidémiques, même pour des maladies habituellement considérées comme rares.
Bien que les croisières soient souvent perçues comme des vacances idéales, leur mode de fonctionnement les rend particulièrement vulnérables sur le plan sanitaire. En effet, un navire de croisière s'apparente à une petite ville où des centaines, voire des milliers de personnes partagent les mêmes espaces de vie pendant plusieurs jours : restaurants, cabines, ascenseurs ou encore théâtres. Un environnement qui incite à la circulation des agents pathogènes.
Une infection qui pénètre à bord peut rapidement se propager d'un lieu à un autre, facilitée par les interactions entre passagers, les surfaces communes ou l'air ambiant. Les virus respiratoires comme le COVID-19 ou la grippe exploitent particulièrement ces espaces confnés, tandis que des agents comme le norovirus, responsable des gastro-entérites, se diffusent via des aliments ou des surfaces contaminées.
Depuis le 11 avril, trois passagers – un couple néerlandais et une Allemande – ont perdu la vie des suites de l'hantavirus à bord du MV Hondius, d'après l'OMS, qui a également recensé d'autres cas. Cependant, l'épidémie du Diamond Princess reste l'une des plus frappantes : en 2020, plus de 700 personnes y avaient contracté le COVID-19, illustrant la rapidité avec laquelle un virus peut se répandre dans un tel environnement.
Confinement, ventilation et promiscuité : les trois facteurs clés
Contacté par RTL, l’épidémiologiste Antoine Flahault, professeur à l’Université Paris Cité, identifie trois facteurs majeurs expliquant l'accroissement de ce risque. Tout d'abord, le caractère confiné des navires. "C’est un espace assez restrictif, où les gens se côtoient pendant de longues heures", explique-t-il. Ensuite, il souligne que "la ventilation est souvent insuffisante", surtout dans certaines zones du bateau, ce qui contribue à la circulation des agents infectieux.







