Vous avez déposé la déclaration de succession dans les délais, mais l'administration fiscale estime que la maison héritée a été sous-évaluée. Cette notification peut déstabiliser: elle engage des droits supplémentaires, des intérêts et, dans certains cas, des pénalités. Voici un guide pratique pour réagir rapidement et défendre votre dossier.
Premiers réflexes et preuves à rassembler
Contactez immédiatement le notaire qui a établi la déclaration: il a normalement fondé l'évaluation sur la moyenne des estimations de deux agents immobiliers ou sur des bases de données fiables. Ensemble, constituez un dossier de justification comprenant:
- les expertises et estimations externes (agents immobiliers, expertise indépendante),
- les comparables de vente (prix et dates) tirés de sources publiques comme la base DVF (app.dvf.etalab.gouv.fr) et de la base des notaires,
- toutes pièces montrant l'état du bien à la date du décès (diagnostics, photos, devis de travaux).
Vous disposez en général de trente jours pour répondre à la mise en cause. Profitez-en pour demander au fisc les éléments qu'il invoque (biens comparés, critères retenus) et préparez une réponse circonstanciée avec l'appui du notaire. Si nécessaire, commandez une expertise immobilière indépendante: bien réalisée, elle réduit fortement le risque de contestation durable (tarif indicatif: quelques centaines à quelques milliers d'euros selon la complexité).
Conséquences possibles et sanctions
Si l'administration établit une sous-évaluation, elle réclamera la régularisation des droits de succession sur la différence, assortie d'intérêts de retard. En cas de preuve de mauvaise foi, des majorations sont prévues: 40% en règle générale, pouvant aller jusqu'à 80% en cas de manoeuvres frauduleuses. Toutefois, si la déclaration reposait sur des estimations professionnelles, la démonstration d'une mauvaise foi est rarement retenue.
- Recouvrement des droits complémentaires + intérêts de retard.
- Majoration fiscale possible en cas de fraude avérée; responsabilité pénale du notaire seulement en cas d'infractions spécifiques (faux, détournement d'actes, etc.).
Délais et voies de recours
Le droit de reprise du fisc court en principe jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant la déclaration de succession. Ce délai peut s'étendre jusqu'au 31 décembre de la sixième année en cas de fraude, d'omission ou d'erreur difficilement décelable. Exemple: pour une déclaration déposée en juin 2023, le fisc peut agir jusqu'au 31 décembre 2026, ou jusqu'au 31 décembre 2029 en cas de circonstances aggravantes.
Si vous contestez la réclamation, commencez par une réclamation amiable auprès du service des impôts en exposant vos preuves. À défaut d'accord, la procédure contentieuse devant le tribunal administratif reste possible. En cas de surévaluation (droits payés en trop), le remboursement peut être demandé sous condition et dans des délais stricts (notamment avant le 31 décembre de la deuxième année suivant le décès), mais la charge de la preuve est élevée.
Conseils pratiques: répondez dans les délais, rassemblez comparables fiables (DVF, notaires), sollicitez une expertise indépendante si nécessaire, et confiez la défense de votre dossier au notaire ou à un avocat fiscaliste. Agir vite et documenter soigneusement réduit le risque de majorations et facilite un règlement amiable.







