Des projets d’énergies renouvelables (ENR) de grande envergure, présentant les coûts de production les plus compétitifs, pourraient bénéficier de financements à travers le livret A. C’est l’une des propositions d’un rapport remis au gouvernement qui est devenu le centre de l’attention des médias.
Les auteurs de ce document, Jean-Bernard Lévy, ancien PDG d'EDF, et Thierry Tuot, conseiller d'État et ex-directeur général de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), soulignent que l'État pourrait en effet mobiliser une partie des fonds d'épargne, notamment ceux de la Caisse des dépôts et consignations. Cela permettrait de réduire le coût de la dette associée à divers projets d'énergies renouvelables.
Ce système de financement est visé pour des projets dont le coût au mégawattheure (MWh) est particulièrement attractif. Les énergies éoliennes terrestres, solaires et, de façon notable, les éoliennes maritimes, sont en tête de liste. Le rapport, qui contient un total de 45 recommandations sur l’optimisation des soutiens publics aux ENR électriques, fait écho aux tensions persistantes entre les parlementaires qui soutiennent les renouvelables et ceux qui défendent le nucléaire.
En ce qui concerne les investissements, le rapport outrage une forte augmentation de l'aide de l'État au photovoltaïque et à l'éolien, passant de 2,6 milliards d'euros en 2024 à des prévisions qui pourraient atteindre 6,8 milliards au minimum d'ici 2026.
Les experts estiment que ces soutiens pourraient sur les cinq prochaines années graviter autour de 10 milliards d'euros par an. Pour atténuer cette charge financière, ils recommandent de favoriser les accords contractuels privés (Power Purchase Agreements, PPA), soutenus par un système d'assurance étatique pour minimiser les coûts lors de surproductions.
D’autre part, l’essor des technologies de stockage par batteries est également jugé crucial afin d’équilibrer la production d’électricité issue des énergies renouvelables, notamment l'éolien et le solaire, pour une efficience optimale des dépenses publiques.
Les auteurs déplorent cependant que les durées prolongées d’instruction des projets augmentent les coûts, un fait qui les place en désavantage par rapport à leurs voisins européens. "Des installations aussi compétitives que celles observées dans les autres pays pourraient réduire les soutiens publics directs de plus d'un milliard d’euros par an," concluent-ils.







