Depuis sa création en 1947, la CIA a toujours été au cœur du renseignement américain. Sa mission principale consiste à analyser un flot constant d'informations pour anticiper les menaces à l'échelle mondiale. Selon Michael Ellis, directeur adjoint de l'agence, la CIA n’a pas l'intention de ralentir son intégration de l’intelligence artificielle.
"D’ici quelques années, nos plateformes d’analyse intègreront des collègues IA – une version classifiée de l’IA générative qui soutiendra nos analystes dans leurs tâches quotidiennes," a-t-il déclaré lors d’un événement organisé par une ONG focalisée sur la technologie et la sécurité nationale.
L'humain, garant du contrôle de l'IA
Les "tâches quotidiennes" mentionnées vont de l rédaction de rapports clés à l’analyse des indicateurs dans les données collectées par les agents. Ellis a été clair : "Les êtres humains demeureront les décideurs finaux". Ce point soulève une question fondamentale, notamment dans un contexte où l'administration Trump a affiché son opposition à une utilisation non réglementée de certaines IA, comme celle de l'entreprise Anthropic, tentant d'éviter des dérives potentielles.
Sans le nommer explicitement, Ellis a affirmé que la CIA "ne laissera pas des entreprises privées dicter l'utilisation des technologies".
Cette position s’inscrit dans un débat plus large, notamment autour des déclarations de Donald Trump et de ses conseillers, exprimant le souhait que les intelligences artificielles, comme celle d'Anthropic, ne présentent pas ce qu’ils qualifient de "biais politique".
Une ambition stratégique sur le long terme
Michael Ellis révèle également que la CIA planifie une intégration croissante de l'IA générative dans ses activités. L’agence a testé plus de 300 projets d’IA l’année passée, visant à améliorer ses opérations.
L’objectif principal est d’appuyer les agents dans la collecte d’informations sensibles à l’étranger, leur permettant d'évaluer les actions militaires, politiques et économiques des pays cibles. En effet, cela renforce le Cyber Intelligence Center de l’agence, établi en 2015, qui avait été au centre des révélations de WikiLeaks en 2017 sur les pratiques de cybersurveillance.
Cette course à l'IA n'est pas seulement une préoccupation interne pour l'agence, mais une réponse à une rivalité technologique croissante, notamment avec la Chine, que Trump a désignée comme un concurrent majeur. Ellis a affirmé : "Il y a quelques années, la Chine n’était pas encore un leader technologique. Mais aujourd'hui, la dynamique a changé".







