Le PDG d'ENI, Claudio Descalzi, a fait savoir qu'il était crucial de "suspendre" l'interdiction d'importation de gaz russe en Europe, imposée en janvier dernier par l'UE, rapporte la presse italienne. Cette décision, prévue pour débuter en 2027, a pour but de priver la Russie de fonds pour sa guerre en Ukraine.
Lors d'un discours prononcé à l'institut de formation de la Lega, un parti d'extrême droite au pouvoir en Italie, Descalzi a affirmé : "Il est nécessaire d'adopter une position plus souple concernant les 20 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie". Cette déclaration intervient dans un contexte d'incertitude croissante sur les approvisionnements énergétiques en Europe, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient et les tensions géopolitiques.
Descalzi, recentré sur les défis d'approvisionnement, a souligné que "la situation est plus délicate pour le gaz que pour d'autres produits, comme le jet fuel, où la consommation commence à être réduite dans plusieurs pays". Selon ses mots : "Nous devons absolument libérer le détroit d'Ormuz" pour éviter une crise énergétique similaire à celle observée lors du déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022.
Des tensions géopolitiques à prendre en compte
La dépendance de l'Italie au gaz étranger est indéniable, notamment pour sa production d'électricité. Le pays a renforcé ses relations avec l'Algérie, son principal fournisseur. Descalzi a ajouté que pour compenser la perte de gaz russe, l'Italie se tournait vers d'autres sources, incluant des importations en provenance du Qatar, d'Angola et de Nigeria.
Il est bon de noter que le Parlement européen a déjà adopté l'interdiction, qui se mettra en œuvre progressivement d'ici 2027. Toutefois, des pays comme la Slovaquie et la Hongrie prévoient un recours contre cette décision, ce qui pourrait ouvrir la porte à une révision de cette stratégie, surtout si la sécurité de l'approvisionnement est menacée.
En parallèle, des experts soulignent l'impact des fermetures dans le détroit d'Ormuz et l'escalade des tensions avec des frappes sur des installations gazières majeures, notamment au Qatar. Ces événements ont provoqué une flambée des prix du gaz sur les marchés globaux.







