Cent-dix mineurs turcs ont été retenus en garde à vue pendant quatorze heures ce mardi à Ankara, alors qu'ils poursuivaient une grève de la faim débutée lundi pour exiger le paiement d'arriérés de salaires, selon des informations fournies par leur syndicat.
Les travailleurs, arrêtés à l'aube alors qu'ils réclamaient une rencontre avec un représentant du ministère de l'Énergie, ont été libérés en début de soirée. Le Syndicat indépendant des mineurs (Bagimsiz Maden-Is) a fait état de cette situation sur X.
"Nous reviendrons demain. Nous n'abandonnerons pas. Peu importe le nombre de personnes que vous arrêterez, tant que nos droits ne sont pas respectés, nous ne partirons pas", a affirmé Gökay Çakir, le leader syndical, dans une vidéo. Cette déclaration souligne la détermination des mineurs à poursuivre leur combat.
Ces mineurs avaient atteint la capitale turque après une marche de près de 200 km, venant de la province d'Eskisehir, où ils avaient décidé de s’installer devant le ministère de l'Énergie pour commencer leur grève de la faim. Leur message était clair : "Nous avons faim", inscripton faite sur leur corps au feutre.
"Dans ce pays, la valeur des travailleurs est négligée, seul l'argent compte (...) Honte à ceux qui dirigent ce pays", a, de son côté, dénoncé Gökay Çakir lors d'un rassemblement, attirant l'attention sur les difficultés rencontrées par les travailleurs.
Ce mouvement de protestation a reçu un soutien massif, y compris celui d'Özgür Özel, chef du principal parti d'opposition, le CHP. Ce dernier a été vu brandissant un casque de mineur lors d'une session parlementaire, marquant ainsi sa solidarité avec les grévistes.
Les manifestants, entourés par les forces de l'ordre, exigent le versement des salaires dus et des indemnités de licenciement de la part de leur employeur, Doruk Mining. Le ministère de l'Énergie, contacté par l'AFP, n'a pas souhaité faire de commentaires sur cette situation.







