À deux heures de Sydney, la charmante ville de Gerringong fait face à une vague de touristes qui afflue vers Tasman Drive, une rue prisée pour sa vue imprenable sur l’océan et ses villas de luxe. Cet engouement, amplifié par les réseaux sociaux, a provoqué un ras-le-bol chez les habitants qui se disent dépassés.
Les publications sur Instagram et TikTok ont transformé cette commune australienne en un phénomène viral, attirant des visiteurs par cars entiers. Richard Hainsworth, un habitant de 81 ans, témoigne : "Pour une petite ville de campagne, ça dépasse les bornes. Les véhicules se garent n'importe comment et laissent des déchets. C'est devenu ingérable.”
Des résidents, frustrés par le comportement des touristes qui s’arrêtent au milieu de la route pour immortaliser le paysage, ont pris des mesures pour protéger leur tranquillité. Certains ont même recours à des arroseurs automatiques pour dissuader les visites indésirables dans leurs jardins.
Des habitants qui n'en peuvent plus
Le surtourisme n'est pas une nouveauté ; il engendre des tensions dans de nombreux endroits, des montagnes japonaises à Barcelone. À Gerringong, la situation ne fait qu’empirer. Les riverains réclament des solutions comme la mise en sens unique de la route afin de limiter le trafic incessant.
Sagar Munjal, un jeune homme de Parramatta, explique : "J’ai été émerveillé par la beauté de cet endroit. C'est ce qui attire les gens, mais il y a des limites à respecter.”
Un tourisme qui ne profite pas aux locaux
Le désarroi se double d'une problématique économique. Bien que certains établissements profitent de l'afflux, beaucoup d'autres peinent à en tirer des bénéfices. "Certains petits commerces ne voient quasiment pas d'acheteurs," déclare Melissa Matters, adjointe au maire. "Nous avons toujours misé sur le tourisme ici, mais cela doit se faire dans le respect de la communauté.”
D'un autre côté, des touristes comme Andy Liao, un promoteur immobilier, avouent comprendre les inquiétudes des résidents : "Je ne voudrais pas que tant de gens viennent dans mon jardin. Le paysage est magnifique, mais il est important de respecter l’espace des autres.”
Des tensions s’installent alors que touristes et habitants s’observent avec méfiance. Alors que certains capturent des moments en plein milieu de la route, d’autres, comme Linda Bruce, 76 ans, s’interrogent sur cette quête de selfies : "Est-ce par amour pour cette région ou simplement pour cocher une case sur leur liste de voyages ?" La cohabitation semble de plus en plus difficile dans ce petit coin de paradis devenu cible d’un tourisme hybride.







