La popularité croissante du PTC, un cannabis synthétique souvent vapoté et difficile à détecter, préoccupe les autorités en Île-de-France. Ce phénomène prend de l'ampleur, notamment en Seine-et-Marne, où des affaires touchant des adolescents dans des collèges, lycées et foyers de l'enfance suscitent l'alerte.
Cette drogue, connue sous le nom de « Pète ton crâne » (PTC), est déjà mentionnée dans de nombreuses enquêtes judiciaires, comme l’a rapporté Le Parisien. Ce produit, consommé principalement via des cigarettes électroniques, est inodore et échappe à la détection par les chiens spécialisés ainsi qu'aux tests rapides, ce qui le rend d'autant plus préoccupant. À seulement 10 euros la fiole, il s'est facilement répandu auprès d'un public jeune.
Récemment, le tribunal correctionnel de Meaux a condamné deux jeunes hommes, âgés de 19 et 25 ans, à des peines de quatre ans et trois ans ferme pour leur rôle dans la distribution de cette substance. Le plus jeune, étudiant en prépa, a témoigné avoir commencé sa consommation au lycée avant de se lancer dans la vente pour financer sa dépendance.
Des adolescents particulièrement exposés
Les juges de cette affaire réagissent avec fermeté, conscients de la dangerosité du PTC et de la vulnérabilité de sa cible principale, les adolescents. Dans un cas jugé, le parquet avait requis jusqu'à cinq ans de prison, en raison des risques que cette drogue fait peser sur des cerveaux en développement, selon le substitut du procureur Alexandre Boulin.
Les signalements d'hospitalisations de mineurs suite à des malaises sont alarmants, notamment dans des foyers comme ceux de Tournan-en-Brie et Combs-la-Ville. En outre, plusieurs incidents d’élèves tombant malades ont été notés dans un collège du sud de la Seine-et-Marne. En février 2025, l'Agence nationale de sécurité du médicament avait déjà sonné l'alarme sur les dangers liés à la consommation de substances psychoactives chez les jeunes.
Un trafic difficile à endiguer
Selon Laurent Mercier, directeur interdépartemental de la Police nationale de Seine-et-Marne, le PTC, apparu en France en 2020, a commencé à se répandre dans le département l'année dernière. Les enquêteurs traquent des réseaux à Meaux, Mitry-Mory, Lagny-sur-Marne, et d'autres villes, avec une quarantaine de procédures ouvertes.
En mars dernier, une opération de la brigade des stupéfiants a permis de saisir près de 10 litres de PTC, signalant une lutte essentielle contre ce trafic. Bien que les forces de l'ordre s'appuient sur des contrôles routiers, la discrétion de ce produit complique les efforts pour l'éradiquer. Les autorités concentrent également leurs efforts sur la prévention dans les établissements scolaires pour combattre cette propagation.







