À Hendaye, dans les Pyrénées-Atlantiques, un combat fait rage pour protéger une vague prisée, issue de la Bidassoa, qui sert de frontière entre la France et l'Espagne. Des travaux de dragage, initiés par les autorités locales, visent à améliorer la navigation fluviale, mais ils risquent de détruire le banc de sable nécessaire à la formation de cette vague mythique.
« Surfée depuis 1957, cette vague a été immortalisée par des photographes américains dès 1963 », souligne Peyo Lizarazu, figure emblématique du surf local et porte-parole d'un groupe transfrontalier œuvrant pour la préservation de cette vague. Ce n'est pas la première fois qu'elle se retrouve en danger : à la fin des années 1970, les travaux liés au port de pêche avaient déjà entraîné sa disparition, avant qu'elle ne revienne à la vie au début des années 2000. Aujourd'hui, elle attire de nombreux surfeurs français et espagnols.
« Cette vague est unique, car elle déferle longtemps et offre un courant naturel qui nous ramène facilement au pic », explique Lizarazu. Pour lui, il est crucial de reconnaître la valeur patrimoniale de ce spot. Il insiste : « Faire disparaître cette vague revient à ignorer son importance économique et à aggraver les défis liés à la surpopulation et aux accidents dans la région. »
Des revendications ignorées
Fort de son implication dans ce dossier depuis plusieurs années, il milite pour une coexistence pacifique entre surfeurs et bateaux. « La vague s'étend sur 80 mètres de large, laissant ample place pour les navires, dont la majorité circulent durant l'été, alors que la vague est optimale de septembre à mai », poursuit-il.
Depuis 2025, le collectif a été convié à des discussions pour demander une reconnaissance officielle du surf dans cette zone. Malheureusement, leurs suggestions d'aménagement face à l'opération de dragage ont été ignorées. Débuté le 1er février et devant s'achever vers la mi-mai, ce projet pourrait avoir des conséquences significatives sur la houle à venir en septembre. Les surfeurs anticipent déjà d'autres travaux programmés pour 2032 : ils souhaitent être entendus. Grâce à l'appui d'autorités partenaires espagnoles, Peyo Lizarazu se montre optimiste : « Je suis convaincu qu'elles soutiennent notre cause. »







