Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), défend la position de Canal+, affirmant que "Canal est toujours le premier soutien privé de la plus grande diversité du cinéma français". Son commentaire fait écho aux tensions suscitées par la tribune anti-Bolloré, signée par de nombreux acteurs de l'industrie, y compris des réalisateurs et des scénaristes.
Selon le dernier bilan du CNC, la chaîne se distingue non seulement par le nombre d'œuvres soutenues (104 films pour un montant de 150 millions d'euros), mais également par l'ampleur de ses investissements, représentant 37% des financements totaux alloués par les diffuseurs. France Télévisions suit derrière avec 61 films pour 59 millions d'euros, tandis que TF1 et M6 ont respectivement financé 20 et 14 films.
Les statistiques révèlent une dépendance marquée du cinéma français vis-à-vis de Canal+, enregistré comme le principal contributeur dans ce secteur. Comme l'indique un rapport de l'Arcom, Canal+ a représenté près de 49% des investissements des diffuseurs pour la production cinématographique en 2024, suivie par France Télévisions avec 15%.
Il est également important de noter que le financement privé ne constitue qu'une partie du paysage financier du cinéma français. Environ un tiers des 1,2 milliard d'euros nécessaires proviennent des diffuseurs, avec un quart provenant des fonds publics, tandis que les producteurs et marchés étrangers complètent le tableau.
La chronologie des médias au cœur de la stratégie de Canal+
Malgré un coup d’arrêt sur ses dotations pour 2025, 2026 et 2027, la position de premier financeur procure à Canal+ un levier considérable dans la chronologie des médias, lui permettant de diffuser en avant-première de nombreux films. La compagnie a réduit son investissement annuel à 480 millions d'euros sur trois ans, mais envisage de récupérer une part substantielle du potentiel lucratif en diffusant ces œuvres plus tôt sur sa plateforme.
La nouvelle réglementation, en autorisant la plateforme Disney+ à diffuser des films après 9 mois d'exclusivité, a provoqué une réaction d'inquiétude chez Canal+, celle-ci ayant longtemps bénéficié d'un délai de 6 mois. En réponse, la chaîne a annoncé un investissement ciblé, ramenant sa contribution précédente de 200 millions d'euros par an à des montants croissants pour 2025, 2026, et 2027.
Ajoutant à ses manœuvres stratégiques, Canal+ a récemment acquis 34% du capital d'UGC, un des plus importants réseaux de salles de cinéma en France, avec des plans pour contrôler entièrement la chaîne complète de production cinématographique. Cette approche suscite des débats au sein de l'industrie concernant la concentration des pouvoirs dans un seul acteur, un sujet qui revient régulièrement sur le devant de la scène.







