À partir de 2028, Stellantis compte produire en Italie des "e-cars", de petites voitures électriques à prix réduit, comme annoncé par le constructeur automobile ce mardi. Cette initiative vise à regagner du terrain dans une catégorie que l'entreprise avait négligée jusqu'à présent.
Ces "e-cars", qui seront disponibles sous plusieurs marques du groupe, seront fabriquées à l'usine de Pomigliano d’Arco, près de Naples, bien connue pour avoir fabriqué la Fiat Panda. Ce retour aux petites citadines abordables, qui ont été un pilier de l'industrie automobile européenne, marque un changement de cap significatif, alors que de nombreux constructeurs, включая Stellantis, se sont récemment orientés vers des modèles plus coûteux.
Avec quatorze marques à son actif, incluant Peugeot, Citroën et Fiat, Stellantis a vu sa part de marché en Europe diminuer au cours des quatre dernières années. Grâce à ces nouveaux modèles, le groupe souhaite reconquérir les consommateurs européens en présentant un "design innovant" et des "technologies électriques de pointe". Ce développement est également une réponse à l'essor des voitures électriques bon marché, notamment celles issues de la concurrence chinoise.
Renault a déjà pris de l'avance en lançant des voitures électriques accessibles, comme la Twingo, dont le prix commence à environ 15.000 euros après subvention. Bernard Jullien, expert en automobile et maître de conférence à l'Université de Bordeaux, souligne que Stellantis cherche à "taper plus bas" pour regagner des parts de marché.
Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis, a expliqué que ces e-cars seront des véhicules compacts, innovants et abordables, conçus pour répondre à la demande croissante pour des modèles électriques dans le segment des petites voitures en Europe. De plus, cette démarche permettra au groupe de respecter les exigences de l'Union européenne, qui stipulent un pourcentage croissant de ventes de voitures électriques.
Les prix des voitures électriques ont baissé ces dernières années, avec de nombreux modèles désormais disponibles sous 20.000 euros. Renault a, par exemple, lancé sa R5 électrique avec un prix de départ autour de 25.000 euros, tandis que la Twingo est proposée à environ 15.000 euros.
Pour rester compétitif, Stellantis a également introduit la Citroën e-C3 et une Fiat Panda électrique à des prix similaires. En outre, la petite T03 de Leapmotor, partenaire chinois, s'est vendue à moins de 5.000 euros sur le marché italien grâce à des subventions.
Bernard Jullien note que cette stratégie vise à positionner le groupe dans la tranche de prix de 10.000 à 15.000 euros, en réduisant les coûts de production. En anticipant un volume de ventes élevé, Stellantis espère regagner l'attention des consommateurs. Jullien compare même cette stratégie aux modèles japonais de type "Kei cars", adaptés aux besoins des petites voitures électriques abordables.
Ces nouvelles e-cars pourraient devenir une seconde voiture pour les ménages aisés ou le premier véhicule pour les familles modestes, conclut Bernard Jullien, mettant en lumière l'importance de cette initiative dans le paysage automobile en pleine évolution.







