Entre météo capricieuse et concours de circonstances, les trois acteurs de l’association Vigne d’Avenir à l’origine de la marque de vin Le Paon Perché ont décidé de rendre les armes.
En 2022, le Groupe SOS a initié un projet visant à allier réinsertion professionnelle et viticulture. Ce programme a vu German Mulet et Valentin Ramel prendre les rênes de l’association Vigne d’Avenir, soutenue financièrement par le Groupe SOS, Danone, et diverses subventions, pour un total de 1,5 million d'euros. Malheureusement, malgré ces investissements conséquents, l’équilibre financier reste hors de portée. "Il a fallu beaucoup investir au début pour remettre en état les vignes et acquérir le matériel nécessaire", commentait German Mulet.
Sur un domaine de 70 hectares, 20 hectares étaient consacrés à la viticulture du Paon Perché. En 2023, le projet a réussi à lancer une production de 40 000 bouteilles, alors que le potentiel s’élevait à 120 000 bouteilles. Le reste des raisins a été vendu pour assainir les finances. "Cette année a été prometteuse, mais l'année suivante nous a apportés des défis colossaux, perdant 100 % de notre production à cause du mildiou et de la grêle", se remémore Mulet.
Avec la vente insuffisante du millésime 2023 pour couvrir les pertes, Vigne d’Avenir s’achemine vers un déclin inévitable. En 2025, les productions sont estimées comme "œnologiquement exceptionnelles mais quantitativement insuffisantes", a expliqué Mulet. Le Groupe SOS envisage d'arrêter le projet début 2026. Une décision jugée inattendue par Valentin Ramel, qui conçoit le paradoxe d'une marque s'ouvrant à l'export.
Un ancien ouvrier viticole a également fait part de son scepticisme vis-à-vis de la situation : "Le pressoir est trop volumineux pour traiter les variétés séparément. Une taille réduite serait préférable pour éviter le mélange des cépages." Les responsables imputent la chute de la consommation de vin à l’essor des boissons sans alcool et de la bière, souvent plus prisées par les nouvelles générations.
Cependant, malgré cette expérience décevante, les acteurs du projet gardent des souvenirs positifs. German Mulet conclut : "Cette expérience a bouleversé ma façon de penser. Je songe déjà à un nouveau projet social." Éric Balmé, du Groupe SOS, admet quant à lui une certaine amertume, mais évoque encore la beauté du projet. Frédéric Brochet prévoit de reprendre les vignes abandonnées, tout en n'ayant pour l'instant pas de projet concret en vue.







