Jeudi dernier, le gouverneur de Californie a initié un plan ambitieux pour anticiper les conséquences de l'intelligence artificielle sur le marché du travail, faisant de l'État le pionnier américain dans cette démarche gouvernementale cruciale.
Ce décret installe une plateforme de réflexion pour les agences étatiques qui devront explorer un éventail de mesures : indemnités en cas de licenciement, assurance chômage, introduction d'un "capital universel de base" et développement de formations professionnelles adaptées.
Signé par Gavin Newsom, ce décret ne propose pour l'heure aucune obligation légale, mais il marque une étape importante à un moment où le gouverneur, en fin de mandat et envisageant une candidature présidentielle en 2028, cherche à répondre aux préoccupations croissantes sur l'impact de l'automatisation.
"Les entreprises vont récolter des profits considérables, et il est impensable de continuer à imposer une taxe sur les salaires qui désavantage l’emploi tout en soutenant l'automatisation", a déclaré Newsom lors d'un discours cette semaine.
Dans un contexte où le secteur technologique américain a supprimé plus de 52 000 postes au premier trimestre, une hausse de 40 % par rapport à l'année précédente selon le cabinet Challenger, Gray & Christmas, des géants comme Meta ont déjà commencé à licencier massivement, avec 8 000 employés en moins.
Les entreprises justifient souvent la réduction des effectifs par les avancées en matière d'IA, mais plusieurs analystes y voient simplement une opportunité pour réinvestir dans cette technologie. Comme l'indique une étude récente du journal Le Monde, le lien entre la technologie et la réduction d'effectifs demeure fort discuté.
Ce débat sur les retombées de l'IA ne se limite pas aux frontières américaines : des pays comme la Chine, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud explorent également la mise en place de revenus universels. D'importantes voix dans la tech, comme Dario Amodei d’Anthropic, prophétisent que les emplois de cols blancs pourraient connaître une chute de 50 % d'ici cinq ans, tandis que des figures telles que Sam Altman d'OpenAI et Elon Musk soulignent la nécessité d’envisager un revenu universel.
Face à ces enjeux, les agences de Californie, berceau de la Silicon Valley et épicentre des innovations technologiques, disposent de six mois pour proposer leurs recommandations et esquisse ainsi un avenir où le travail et l'IA pourront coexister, mais pas sans défis.







