Dans un contexte économique tendu, le groupe minier français Eramet a convoqué ses actionnaires mercredi pour obtenir leur assentiment à une augmentation de capital de 500 millions d'euros. Cette décision est primordiale pour éviter une dilution de leurs parts, notamment pour l'État et la famille Duval, deux des principaux investisseurs.
La réunion se tient alors que l'entreprise a vécu une année 2025 particulièrement difficile, et l'assemblée générale se déroulera à Paris après-midi. La 19ème résolution proposée permettrait au conseil d'administration de renforcer les fonds propres de l'entreprise.
Après une perte nette de 477 millions d'euros l'an dernier et un niveau d'endettement très préoccupant, cette initiative vise à stabiliser la santé financière du groupe. L'approbation de cette mesure devrait être acquise, car les actionnaires principaux ont déjà manifesté leur soutien.
Cependant, la question cruciale reste de savoir qui endossera le fardeau financier. En effet, bien que les actionnaires aient un droit de souscription préférentiel pour acquérir de nouvelles actions, plusieurs rapports, dont ceux de Financial Times et Les Echos, suggèrent que la famille Duval envisagerait de céder une partie de ses parts.
Sans un apport de nouveaux fonds dans cette augmentation de capital, la dilution de leur pourcentage de participation est inévitable. Une source proche de l'affaire a précisé qu'ils ont trois options: souscrire intégralement à l'augmentation, opter pour une souscription partielle, ou accepter une dilution significative.
À la fin de 2025, la famille Duval détient environ 37,22% du capital, valorisé à environ 600 millions d'euros, sur la base du cours observé récemment. De son côté, l'État, via l'Agence des participations de l'État (APE), possède 27,13% des parts, et un représentant de Bercy a déclaré que l'État est favorable à cette levée de fonds pour redonner des marges de manœuvre à la société.
Eramet prévoit de finaliser cette levée de fonds dans la seconde moitié de 2026. En attendant, le groupe a engagé une revue stratégique de son portefeuille et envisage de monétiser certains actifs.
Le groupe, qui emploie 10.000 personnes dans 17 pays, fait face à plusieurs défis sur le terrain, notamment des décisions réglementaires au Gabon concernant l'exportation de manganèse, des quotas de ventes en Indonésie, et un incendie perturbant l'activité au Sénégal.
En plus, l'entreprise continue de gérer les difficultés de la Société Le Nickel, en Nouvelle-Calédonie, dont les pertes sont assumées par l'État. Récemment, Eramet a connu des bouleversements managériaux après des changements à la direction, avec Christel Bories revenant temporairement à la tête de l'entreprise.







