Les marchés boursiers mondiaux ont affiché des mouvements mitigés ce lundi. L'Europe adopte une posture prudente en l'absence de développements significatifs au Moyen-Orient, tandis que Wall Street retrouve de l'élan, porté par l'essor des valeurs liées à l'intelligence artificielle (IA).
Donald Trump a déclaré avoir reçu des assurances de la part d'Israël et du Hezbollah visant à apaiser les tensions au Liban, tout en soulignant que les discussions avec Téhéran se poursuivaient à un rythme soutenu. Cependant, cette affirmation a été contestée par l'agence de presse iranienne Tasnim, qui indique que Téhéran a suspendu tout dialogue indirect avec Washington à cause des récents événements au Liban.
Cette incertitude géopolitique a entraîné une remontée des prix de l'or noir : le baril de Brent a grimpé de 4,24 %, atteignant 94,98 dollars, tandis que le West Texas Intermediate a progressé de 5,49 %, à 92,16 dollars.
Les effets de cette dynamique étaient palpables en Europe, où le sentiment positif des investisseurs a été rapidement inversé. "Cette situation a totalement retourné la tendance du marché", commente Stanislas de Bailliencourt, gérant d'actifs chez Sycomore. Il souligne que "l'Europe est particulièrement sensible aux fluctuations des matières premières".
L'indice Euro Stoxx 50, représentant les 50 plus grandes capitalisations européennes, a chuté de 0,26 %, avec des baisses notables à Paris (-0,45 %), Francfort (-0,40 %) et Milan (-0,52 %).
À l'inverse, Wall Street a clôturé sur des records impressionnants pour la quatrième séance consécutive, soutenue par l'engouement autour des entreprises de technologie et d'intelligence artificielle, malgré un paysage géopolitique incertain. Le Dow Jones a légèrement progressé de 0,09 % à 51.078,88 points, le Nasdaq de 0,42 % à 27.086,81 points, et le S&P 500 de 0,26 % à 7.599,96 points.
Christopher Low, économiste chez FHN Financial, conclut que, malgré les pressions inflationnistes liées aux conflits en cours, "les investisseurs semblent toujours séduits par la dynamique actuelle du marché américain".
À New York, la fête de la tech a poursuivi son élan. Les investisseurs ont une nouvelle fois investi massivement dans les valeurs technologiques. L'annonce par Nvidia d'un nouveau processeur pour ordinateurs portables a déclenché un nouvel intérêt, faisant grimper l'action de 6,26 % à 224,36 dollars. Microsoft a quant à elle vu son action monter de 2,28 % à 460,52 dollars.
Dans leur sillage, des fabricants comme Dell et HP ont vu leurs actions tomber en nette hausse, avec des hausses respectives de 10,74 % et 3,34 %. D'autres géants technologiques comme Oracle (+9,87 %) et Micron (+6,56 %) ont également profité de cette tendance optimiste.
Cependant, les rivaux de Nvidia sur le segment des processeurs centraux n'ont pas su capter cette dynamique. Intel, par exemple, a perdu 4,67 %, tandis que Qualcomm et AMD ont respectivement chuté de 8,78 % et 1,16 %.
Les taux d’emprunts, quant à eux, subissent une pression à la hausse. L’augmentation des prix du pétrole alimente des craintes de retour de l'inflation, entraînant un resserrement monétaire anticipé par la Banque centrale européenne pour le mois de juin. En attendant, le taux des obligations à 10 ans en Allemagne a grimpé à près de 3 %, une légère hausse par rapport aux 2,94 % de vendredi. De même, le rendement de l'emprunt français à dix ans s'est établi à 3,62 % contre 3,55 % la veille.
Aux États-Unis, le rendement à dix ans oscillait autour de 4,45 %, en hausse par rapport aux 4,43 % précédents.







