Par Olivier Pirot
Dans un rapport succinct de 48 pages sur les subventions aux entreprises à travers le globe, l'OCDE évoque, entre autres, un phénomène qu'elle qualifie de "dopage économique". Elle souligne que « comme dans le sport, des subventions peuvent permettre à des acteurs moins performants de l'emporter sur des acteurs plus compétitifs et innovants ».
Ce "dopage" est particulièrement prononcé en Chine. Entre 2005 et 2025, selon les estimations de l'OCDE, les entreprises chinoises bénéficieraient de trois à huit fois plus de subventions que leurs homologues dans d'autres pays développés. Les États-Unis, bien que différemment, interviennent également en soutenant la montée ou la préservation de champions industriels. En revanche, l'Europe adopte une approche plus réservée, n'agissant généralement que lors de situations de crise, comme la pandémie de Covid-19 ou la guerre en Ukraine.
En utilisant l'analogie sportive, l'OCDE met en lumière que ces fonds colossaux, qu'ils soient sous forme de subventions directes ou de crédits d'impôt, ne garantissent pas nécessairement innovation ou augmentation de la productivité. Au contraire, ils favorisent un climat de concurrence déloyale : réduire les prix, s'emparer de parts de marché, affaiblir des concurrents, ou encore les dissuader d'investir. Ce phénomène transforme la compétition commerciale en une véritable guerre économique.
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