La Cour suprême des États-Unis a rendu jeudi un jugement en faveur du géant agrochimique Bayer, suscitant l'espoir d'une résolution favorable face aux milliers de plaintes concernant son herbicide emblématique, le Roundup.
Sept des neuf juges ont jugé que Bayer ne pouvait pas être tenu responsable des allégations concernant l'absence d'étiquetage sur les risques de cancer associés à ses produits Roundup. Selon les magistrats, aucune exigence de ce type n'est imposée par les autorités sanitaires américaines, qui n'identifient pas le glyphosate, le principe actif du Roundup, comme cancérogène.
Le Roundup, un herbicide largement utilisé dans le monde entier, est distribué par Monsanto, une filiale de Bayer depuis 2018. La multinationale a rapidement salué la décision dans un communiqué, affirmant qu'elle devrait considérablement alléger le fardeau des litiges liés au Roundup après près d'une décennie de conflits judiciaires.
Suite à cette annonce, l'action de Bayer a bondi de plus de 19 % à la Bourse de Francfort, marquant un moment crucial pour le groupe qui a dépensé plus de 10 milliards de dollars depuis 2018 à cause de ces litiges.
Bayer a également provisionné plus de huit milliards pour couvrir les procédures encore en cours. Sur son site officiel, l'entreprise insiste sur le fait que la science a démontré de manière "claire" que le glyphosate est sans danger pour la santé humaine.
Le litige à l'origine de cette affaire concerne une condamnation de Monsanto dans le Missouri, où John Durnell a été indemnisé à hauteur de 1,25 million de dollars après avoir développé un lymphome non hodgkinien, qu'il attribue à l'utilisation prolongée de Roundup. Durnell soutient que le fabricant aurait dû mieux mettre en garde contre ce potentiel risque.
Cette décision de la Cour suprême pourrait avoir des répercussions sur plus de 60 000 cas en cours, selon Brent Wisner, l'avocat représentant des plaignants. Il déclare que cette issue représente "un coup très dur" pour ceux qui cherchent à tenir les entreprises responsables de leurs produits.
Depuis des années, la réglementation du glyphosate suscite des débats. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer de l'OMS a classé le produit comme "cancérogène probable". En France, son utilisation domestique a été interdite depuis fin 2018. Cependant, fin 2023, la Commission européenne a renouvelé son autorisation pour une décennie, affirmant qu'il n'a "aucun effet nocif sur la santé humaine" et ne présente pas d'impact inacceptable sur l'environnement.







