Le gouvernement, sous l'impulsion du Premier ministre Sébastien Lecornu, a récemment annoncé une augmentation moyenne de 50€ par mois de la prime d'activité. Cette mesure vise à éviter une censure et à répondre aux préoccupations des partis politiques, notamment celle du Parti Socialiste. Mais qu'en est-il vraiment ?
En quoi consiste la prime d'activité ?
La prime d'activité est un complément de revenu visant à soutenir les travailleurs à revenus modestes, principalement distribué par les Caisses d’allocations familiales. Environ 4,5 millions de ménages en bénéficient, avec un montant moyen de 190€ par mois, variable selon les ressources et la composition du foyer.
Pourquoi une nouvelle hausse ?
Sébastien Lecornu avance que cette hausse bénéficiera à plus de trois millions de ménages gagnant le Smic ou légèrement au-dessus. « Il fallait défendre ceux qui ont des bas salaires et qui galèrent », a-t-il déclaré, tout en rappelant la hausse générée après la crise des Gilets Jaunes en 2019. Cette mesure est conçue pour répondre à un besoin pressing, mais elle risque d'ouvrir la porte à des effets désagréables.
Quel serait le coût de cette hausse ?
Actuellement, le coût de la prime d'activité est supérieur à 10 milliards d'euros par an. Dans la version initiale du budget, le gouvernement visait à le réduire à 9,3 milliards d'euros d'ici 2026. Toutefois, la nouvelle augmentation pourrait alourdir le coût de près de 2 milliards d'euros supplémentaires. Le flou persiste concernant les sources de financement, ce qui incite à la méfiance.
Quels effets sur l'économie ?
Historiquement, la prime d'activité a été conçue pour encourager la reprise de l'emploi. Cependant, plusieurs économistes, comme Olivier Redoulès de Rexecode, alertent sur le fait que les hausses successives ont pu fausser cet objectif. À partir d'un certain seuil de revenu, la prime diminue lorsque les salaires augmentent, ce qui peut inciter certains travailleurs à refuser des augmentations par peur de perdre leur aide financière. La CGT a également exprimé des inquiétudes en soulignant que le mieux serait d'augmenter directement les salaires plutôt que de recourir à des aides annexes.
Enfin, plusieurs experts estiment que cette mesure, bien qu'elle paraisse favorable, pourrait perpétuer une trappe à bas salaires et entraver les réelles augmentations de salaires. La stratégie du gouvernement est donc à double tranchant et mérite une réflexion approfondie.







