Bruxelles prend une position ferme contre les équipementiers télécoms chinois, notamment Huawei et ZTE. Dans une démarche visant à renforcer la cybersécurité au sein de l'UE, la Commission européenne prévoit d'étendre l'interdiction de ces équipements, déjà actionnée par plusieurs États membres.
Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la souveraineté technologique, présentera mardi prochain les propositions de révision du Règlement sur la cybersécurité (Cybersecurity Act, CSA). Cette révision pourrait inclure des mesures allant bien au-delà des simples recommandations, parmi lesquelles l'interdiction stricte des équipements chinois dans les infrastructures de télécommunications.
En juin 2023, l'UE avait déjà recommandé aux États membres de ne pas autoriser les équipements de Huawei et ZTE sur leurs réseaux 5G, considérant qu'ils augmentaient fortement les risques pour la sécurité. Cependant, jusqu'à présent, cette recommandation a été suivie par moins de la moitié des pays, malgré le soutien de l'Allemagne en 2024.
Virkkunen a exprimé sa préoccupation concernant la lenteur d'adoption des décideurs, affirmant que « les États membres n'ont pas pris ce problème suffisamment au sérieux ». En parallèle, la Commission pourrait explorer la mise en place de critères de « souveraineté technologique » pour le programme européen de certification des services cloud (EUCS), suscitant des inquiétudes parmi les géants américains comme Amazon et Microsoft, qui prévoient des obstacles à l'accès à un marché où ils dominent en termes de part de marché.
Les entreprises technologiques américaines, dont l'influence sur le marché est considérable, se sont déclarées opposées à ces éventuelles réglementations. Les teintures politiques qui pourraient interférer avec la liberté de choix des opérateurs sont fermement critiquées. Alex Roure, directeur des politiques publiques pour le lobby technologique CCIA, a averti que ces évolutions pourraient conduire à une réglementation inappropriée et à des solutions techniquement moins avancées. « Les fournisseurs doivent être choisis sur la base de leurs technologies, pas de leur nationalité », a-t-il déclaré.
Enfin, un autre sujet de préoccupation pour le secteur technologique européen est la future législation sur les réseaux numériques. La Commission devra décider qui financera les investissements massifs nécessaires au développement de l'infrastructure de haut débit, évalués à environ 200 milliards d'euros. Ce dossier a suscité des discussions animées, notamment concernant le partage des coûts entre les opérateurs de télécommunications et les entreprises de technologie qui génèrent la majorité du trafic.
Les décisions à venir de l'UE pourraient dessiner un nouvel avenir pour la cybersécurité et les normes de télécommunications sur le continent, un dessein qui s'avère indispensable au vu des défis croissants en matière de sécurité numérique.







