Lors du congrès quinquennal du Parti communiste vietnamien, qui se poursuit jusqu'à dimanche, le dirigeant To Lam a réaffirmé son engagement à lutter contre la corruption, tout en cherchant à étendre son pouvoir au sein de l'une des économies les plus prometteuses d'Asie. Le pays, avec ses 100 millions d'habitants, allie autoritarisme et croissance fulgurante, affichant une hausse de 8 % de son PIB pour 2025, selon des rapports économiques. Dans son discours inaugural, prononcé dans un auditorium flamboyant orné d'une statue d'Ho Chi Minh, To Lam a souligné l'importance du secteur privé pour l'économie nationale.
Depuis son accession à la tête du Parti, il y a seulement 17 mois, To Lam a engagé une série de réformes rapides, notamment en réduisant la bureaucratie et en augmentant les investissements dans les infrastructures. Cette dynamique a surpris beaucoup d'observateurs du pays, qui craignent cependant les tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine, deux partenaires commerciaux majeurs. Le Parisien rapporte que le pays doit également faire face à des pressions environnementales et sociétales croissantes.
Une ambition comparable à celle de Xi Jinping
To Lam, qui aspire à succéder également à la présidence du pays, évoque des parallèles avec Xi Jinping, le dirigeant chinois. Si son rêve se concrétise, il serait le dirigeant vietnamien le plus puissant depuis la fin de la guerre du Vietnam, comme le souligne Nguyen Khac Giang de l'Institut ISEAS-Yusof Ishak à Singapour. Les résultats du congrès, notamment la composition des nouvelles instances du politburo, détermineront la portée de son influence, surtout face à une faction militaire plus conservatrice qui pourrait freiner ses réformes.
Élevé au rang de chef du Parti à la suite de la mort de Nguyen Phu Trong en 2024, To Lam a surpris par sa rapidité de mise en œuvre de réformes structurelles, fusionnant plusieurs agences gouvernementales et éliminant près de 150 000 postes. Des projets ambitieux dans les domaines de l'aviation et de l'énergie sont également en cours, Inuitant que le Vietnam peut rivaliser dans le secteur numérique.
Lutter contre la dissidence
Néanmoins, le climat politique reste tendu : le Parti communiste vietnamien n'hésite pas à emprisonner ceux qui s'opposent à lui, avec plus de 160 dissidents actuellement en détention, selon Human Rights Watch. Contrairement à des pays voisins comme la Chine, le pouvoir au Vietnam n'incombe pas traditionnellement à un seul individu, mais repose sur une structure collective.
To Lam pourrait toutefois devenir le premier à cumuler les fonctions de secrétaire général et de président, un tournant historique.







