Dans une situation alarmante, environ 160 fidèles ont été enlevés lors d'une messe dominicale dans l'État de Kaduna, au Nigeria. Des bandits armés ont fait irruption dans deux églises, forçant les participants à quitter les lieux sous la menace. Cette attaque, survenue dans le village isolé de Kurmin Wali, souligne la résurgence inquiétante des kidnappings dans le pays, comme le rapporte Ouest-France.
« Les assaillants ont encerclé les églises et ont contraint les fidèles à sortir dans la brousse », a affirmé le révérend Joseph Hayab, président de l'Association chrétienne du Nigeria pour le nord. Selon ses dires, 172 personnes ont été enlevées, mais neuf ont réussi à échapper à la capture, laissant 163 autres aux mains des ravisseurs.
Un acteur local, ItIshaku Dan’azumi, a confirmé que 166 personnes avaient été prises en otage pendant la messe, ce qui augmente la menace qui pèse sur les communautés chrétiennes de la région. Les responsables de la sécurité, cependant, demeurent sceptiques. Le commissaire de police Muhammad Rabiu a déclaré que l'absence de preuves d'un enlèvement était ''totalement faux''.
Les kidnappings en masse au Nigeria, souvent orchestrés par des groupes criminels appelés « bandits », sont devenus monnaie courante. Un rapport d’une enquête récente a dénombré plus de 1,66 million de dollars générés par ces activités illicites entre juillet 2024 et juin 2025. Selon les experts, cette problématique s'est transformée en une véritable industrie lucrative, rendant la lutte contre ces crimes extrêmement complexe.
En réaction à la montée alarmante de l’insécurité, le président nigérian Bola Tinubu a décrété l'état d'urgence et a ordonné le renforcement de la sécurité locale. Cependant, la violence continue de diviser un pays déjà en proie à des tensions religieuses croissantes. Les États-Unis, aux côtés de plusieurs pays européens, ont exprimé leur préoccupation concernant la persécution des chrétiens dans la région.
Des voix locales s'élèvent aussi, affirmant que les autorités doivent prendre des mesures concrètes pour protéger leurs citoyens, alors que la communauté chrétienne de Kurmin Wali vit dans la peur constante des attaques futures.







