Les tensions ne sont pas uniquement géographiques, comme le montre l'intérêt des États-Unis pour le Groenland. Depuis la réélection de Donald Trump, les relations avec l'Europe se sont rapidement détériorées. En effet, le président américain manifeste un mépris croissant envers ses alliés européens, qu'il juge trop faibles pour faire face aux défis contemporains.
Ce sentiment de toute-puissance, illustré par un SMS adressé au Premier ministre norvégien le week-end du 17 et 18 janvier 2026, révèle la pensée de Trump : "Vu que votre pays a décidé de ne pas me donner le prix Nobel de la paix, je ne me sens plus dans l'obligation de ne penser qu'à la paix. Le monde ne sera pas sûr tant que nous ne contrôlons pas le Groenland de façon complète et totale." Plus qu'une simple déclaration, cette phrase incarne la volonté d'intimider et de contraindre, caractéristiques de sa politique étrangère.
Une Maison-Blanche sur le front européen
Les pessimistes s'interrogent sur la pérennité des relations transatlantiques. Un document publié en novembre, présentant la stratégie de la Maison-Blanche pour les affaires internationales, focalise l’attention. Avec seulement 2,5 des 33 pages consacrées à l'Europe, ce rapport sonne l'alarme sur les transformations du continent liées aux politiques migratoires. "Si cette tendance continue, il sera méconnaissable d'ici 20 ans", préviennent les rédacteurs. Cette analyse suggère un objectif clair : "Aider l'Europe à rectifier sa trajectoire actuelle."
La Maison-Blanche aspire à une ingérence croissante dans les affaires européennes, visant à remplacer les élites jugées inadaptées par une contre-élite nationale et populiste, comme l'analyse David Thomson, journaliste expert en mouvements de droite en Amérique.
Les critiques ciblent l'Europe
J.D. Vance, vice-président américain, se positionne comme un acteur clé dans ce changement d'interlocuteur. Lors de ses visites en Europe, il a mis en garde contre des menaces perçues comme internes, justifiant ainsi la nécessité d'une réévaluation des valeurs partagées entre les États-Unis et l'Europe. "La menace qui m'inquiète le plus ne vient plus de la Russie ou de la Chine, mais de l'Europe elle-même", a-t-il déclaré.
L'objectif semble être d'influencer les élections à venir, notamment la présidentielle française de 2027, où des personnalités comme Marine Le Pen bénéficient d'un regard de plus en plus favorable à Washington, selon un rapport de Le Monde.
Réactions au sein des États-Unis
Pour comprendre si cette ligne dure à l'égard de l'Europe est partagée, nous avons interrogé des citoyens en Virginie-Occidentale, un État où Trump a récolté 70 % des voix. Certains confirment cette vision : "L'Europe est tombée dans le piège du politiquement correct, et c'est problématique". Cependant, d'autres s'insurgent contre ce projet, transparaissant des préoccupations quant à l'amitié traditionnelle entre les États-Unis et l'Europe. "Les Européens sont nos partenaires, il n'y a pas lieu de s'en faire des ennemis", a déclaré une électrice.
Pour l'heure, le Groenland demeure un enjeu sensible : 75 % des Américains se prononcent contre toute idée d'annexion. La vague d'opposition pourrait devenir un sujet de débat politique, suivant les mouvements d'humeur de la Maison-Blanche.







