Le gouvernement britannique devrait annoncer la décision concernant la construction d'une immense ambassade chinoise à Londres, un projet controversé qui suscite de vives inquiétudes en matière de sécurité. Après plusieurs reports, la décision tant attendue pourrait bouleverser les relations déjà tendues entre le Royaume-Uni et la Chine.
Keir Starmer, le Premier ministre, se retrouve dans une position délicate. Bien qu'il cherche à rétablir des relations constructives avec Pékin depuis sa prise de fonction en juillet 2024, il ne peut ignorer les avertissements concernant les dangers que représente la Chine pour la sécurité nationale britannique. Les craintes d'espionnage, exacerbées par des révélations médiatiques, pèsent lourdement sur le projet, selon le journal The Guardian.
Le site proposé pour la nouvelle ambassade, près de la Tour de Londres, a été acquis par la Chine en 2018 pour 316 millions d'euros. Si la construction est autorisée, elle deviendra la plus grande ambassade chinoise en Europe occidentale et la plus imposante du Royaume-Uni. Toutefois, cette initiative a déclenché une vive opposition, notamment de la part de citoyens, de militants des droits humains et d'un certain nombre de politiciens.
Des manifestations ont eu lieu, rassemblant des centaines de personnes, alors que les critiques soulignent le risque d'écoute électronique et d'espionnage. Kemi Badenoch, cheffe de l'opposition conservatrice, a exprimé son inquiétude sur le fait que "les Chinois ne devraient pas construire cette ambassade-espion à un endroit aussi crucial pour notre sécurité nationale".
Le gouvernement chinois, de son côté, est très insatisfait des retards accumulés au niveau de l’approbation du projet. Lin Jian, porte-parole des affaires étrangères, a qualifié la situation de "fortement mécontente" et a rejeté les préoccupations avancées par le Royaume-Uni, les qualifiant de "tout à fait indéfendables".
Alors que Keir Starmer a affirmé vouloir "travailler et commercer" avec la Chine tout en restant vigilant face à ses actions jugées menaçantes, la pression pour revoir les relations entre les deux pays augmente. Le gouvernement britannique insiste également sur la nécessité de mettre la pression sur la Chine sur des sujets tels que la détention de Jimmy Lai, un militant prodémocratie, ce qui jette un nouvel éclat sur les relations diplomatiques.
Le dilemme auquel est confronté le gouvernement britannique illustre les tensions croissantes sur la scène internationale, où la quête d'un équilibre entre coopération économique et sécurité nationale devient de plus en plus complexe. Avec une visite prévue en Chine pour la fin janvier, ce sujet sera certainement au cœur des discussions, tout comme les relations bilatérales, qui avaient été tendues durant l'ère des précédents gouvernements conservateurs.







