Près de vingt jours après l'incendie dévastateur de Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, les enquêteurs continuent de se concentrer sur le couple Moretti, propriétaires de l'établissement Le Constellation. Les relations entre le couple et Cyane Panine, une serveuse originaire de Sète, suscitent des interrogations cruciales.
Le soir du 31 décembre, Cyane, une jeune femme dynamique, s'activait en servant des bouteilles de champagne ornées de bougies étincelantes, connues sous le nom de feux de bengale. Ces dispositifs sont suspectés d'avoir été à l'origine de l'incendie qui a ravagé le bar, provoquant l'embrasement de la mousse acoustique au plafond. Malheureusement, Cyane avait également un casque publicitaire sur la tête, limitant sa vision alors qu'elle était perchée sur les épaules d'un client pour livrer les bouteilles.
Des récits qui s'opposent
Selon le quotidien Corriere della Sera, Jessica Moretti, la gérante du bar, a déclaré que Cyane avait agi de sa propre initiative en montant sur les épaules d'une personne masquée, et que c’était une action inappropriée dans un cadre aussi dangereux. Cependant, cette version a été fermement contestée par les proches de la jeune femme, ainsi que par d'anciens employés du bar.
Les parents de Cyane soutiennent qu'elle a agi sous les ordres de Jessica Moretti, ajoutant qu'ils n'ont pas été informés des risques encourus. Un ancien collègue, Camille C., a également témoigné que Jessica avait demandé avec insistance à Cyane d'apporter rapidement 16 bouteilles de champagne tout en lui ordonnant de porter le casque. Selon Camille, la gérante était devenue particulièrement anxieuse durant la soirée.
Les Moretti, interrogés par la police suisse, ont tenté de se présenter comme proches de Cyane, affirmant qu'ils la considéraient comme un membre de leur famille. Pourtant, selon les témoignages de ses amis, Cyane se sentait exploité et épuisé, révélant sa détresse face à un emploi exigeant, avec des journées de travail sans relâche.
Cette tragédie, dont les conséquences ont touché principalement des adolescents et jeunes adultes, a conduit à l'ouverture d'une enquête pour homicide par négligence, ainsi que pour incendie et lésions corporelles. Jacques Moretti a été placé en détention provisoire pour trois mois, tandis qu'une caution de 200 000 francs suisses (environ 215 000 euros) pourrait lui permettre d'être libéré. Les révélations et enquêtes se poursuivent, laissant présager de nouvelles retombées dans cette affaire qui a profondément secoué la communauté locale.







