La nuit du 20 février a été marquée par l'adoption par les députés argentins de la réforme législative sur le travail proposta par le président ultralibéral Javier Milei. Après près de onze heures de débats, cette loi, qualifiée de « modernisation du travail », a été votée par 135 voix contre 115. Elle doit désormais passer devant le Sénat pour une approbation définitive, que le gouvernement espère obtenir rapidement.
Javier Milei s’est félicité du vote sur les réseaux sociaux, déclarant que cette réforme vise à « terminer plus de 70 ans de retard dans les relations du travail des Argentins ».
Cependant, cette adoption a eu lieu dans un climat de forte tension sociale, marqué par une grève générale qui a paralysé le pays. Des milliers de manifestants se sont rassemblés près du Parlement, tandis que la situation a dégénéré, avec des confrontations entre quelques dizaines de personnes et les forces de l’ordre. L'Agence France-Presse (AFP) a rapporté des heurts au cours desquels des bouteilles et des pierres ont été lancées en direction de la police, qui a riposté avec des lacrymogènes et des canons à eau. Une dizaine d'arrestations ont été effectuées.
La grève, qui a duré 24 heures, a été largement suivie, selon Jorge Sola, co-dirigeant de la CGT, la principale centrale syndicale, qui a affirmé que l'activité avait été arrêtée à « 90 % ». Les transports aériens et ferroviaires ont été particulièrement affectés, avec plus de 250 vols annulés par la compagnie nationale Aerolineas Argentinas.
Malgré cela, la capitale a présenté une image contrastée : une circulation routière plus dense que d'habitude, mais des arrêts de bus souvent vides et des commerces fonctionnant péniblement, certains employés ne pouvant rejoindre leur poste faute de transport. Au-delà de la situation économique, des montagnes de déchets ont également envahi la ville, exacerbant les frustrations des habitants.
Regain de tension sociale
Le chef de cabinet, Manuel Adorni, a qualifié la grève d' « perverse » et d' « extorsion », notant que sans transport, les travailleurs ne pouvaient pas se rendre au travail. Cette grève illustre un accroissement des tensions sociales, qui a suivi l'élection réussie de Milei aux législatives de mi-mandat.
La réforme, qui facilite les licenciements et réduit le barème d'indemnités, suscite des inquiétudes parmi certains syndicats. Le gouvernement y voit un instrument pour stimuler les embauches dans un pays où plus de 40 % des emplois sont informels. Pourtant, la CGT dénonce cette initiative comme « une précarisation » du travail, arguant qu'elle risquerait de réduire les droits des travailleurs.
Milei espère finaliser sa réforme phare d'ici le 1er mars, en vue de son discours annuel devant le Parlement. En parallèle, il assiste à Washington au « Conseil de paix » de son allié Donald Trump. Bien qu'il ait enregistré une baisse de l'inflation, passant de plus de 150 % à 32 % par an, cette politique d’austérité a entraîné la perte de près de 300 000 emplois dans le secteur public et privé, laissant l'économie sur le fil du rasoir.







