Lors d'une intervention sur l'émission Air&Défense de BFM Business, Guillaume Faury a partagé une vision réaliste, mais optimiste. Il a souligné l'absence d'une véritable préférence européenne, tant dans les secteurs militaires que spatiaux. "Actuellement, l'Europe ne dispose pas de la coordination requise pour rivaliser efficacement sur la scène internationale", a-t-il déclaré.
Faury a mis en évidence le besoin d'une coopération renforcée et a exprimé sa frustration face à ce qu'il considère comme une somme d'initiatives insuffisantes : "Il est très frustrant de réaliser que la multiplication des intérêts locaux nous éloigne d'une véritable efficacité à l'échelle européenne." Il a également pointé des enjeux précis, en mentionnant les transformations géopolitiques engendrées par des événements récents comme le mandat de Donald Trump et la montée en puissance de la Chine.
"Il n'y a pas un chef qui commande tout le monde, mais 27 chefs qui voient midi à leurs portes", a-t-il affirmé lors de son intervention.
Cette vision fragmentée rend la collaboration particulièrement complexe, notamment dans les secteurs stratégiques tels que la défense. Bien que l'Union européenne ait amorcé des démarches pour favoriser les projets conjoints à travers le programme SAFE, les résultats restent modestes.
Malgré les défis, Faury demeure confiant. Il estime que la crise actuelle peut catalyser des changements nécessaires. "L'Europe avance souvent par crise, et celle-ci pourrait aboutir à des solutions innovantes", a-t-il commenté.
Le projet "Bromo", qui vise à fusionner les activités satellitaires d'Airbus, Thales et Leonardo, illustre cette volonté d'innover et de créer un acteur européen capable de rivaliser avec les grandes entreprises comme SpaceX. Si cette initiative est réussie, elle pourrait transformer profondément le paysage spatial européen et renforcer la compétitivité régionale sur la scène mondiale.







