Electro-mécanique, maintenance, cyber-sécurité, informatique : la RATP intensifie ses efforts pour attirer des profils techniques spécialisés afin de gérer son réseau d'infrastructures (tunnels, rails, électricité) du Grand Paris. À partir d'octobre, les premières lignes de métro commenceront à circuler, rendant cette quête encore plus urgente.
Ce jeudi, l'entreprise publique a révélé son intention de recruter 6.600 personnes d'ici 2026, dont 3.500 exclusivement en Ile-de-France, pour répondre aux exigences posées par l'ouverture imminente des nouvelles lignes du Grand Paris. Cette année, la RATP espère rééditer son succès de 2025, où elle avait engagé 7.300 nouvelles recrues.
En plus des embauches en Ile-de-France, la RATP prévoit de recruter 850 personnes dans d'autres villes françaises telles que Lyon, Toulon ou Angers, et 2.250 dans divers pays du monde, notamment aux États-Unis, en Égypte, en Italie et en Arabie Saoudite.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les postes à pourvoir ne se limitent pas seulement à des conducteurs de bus ou de métro. « Nous recherchons des compétences en infrastructures, en génie civil pour l'entretien des tunnels, ainsi que des spécialistes en électro-mécanique, maintenance, automatismes, informatique et cyber-sécurité », a déclaré le nouveau PDG, Xavier Piechaczyk, lors d'une conférence de presse.
La gestion de l'infrastructure des nouvelles lignes du Grand Paris Express constitue un réel défi pour la RATP. L'entreprise a été désignée gestionnaire non seulement des tunnels, rails et caténaires, mais aussi des opérations de transport pour la ligne 15 sud, qui connectera à partir de 2027 Pont de Sèvres et Noisy-Champs.
Le premier tronçon, qui débutera en octobre, sera sur la ligne 18 (Aéroport d'Orly-Versailles) et sera exploité par le groupe Keolis, lauréat de l'appel d'offres. Ainsi, la RATP doit être prête à gérer cette infrastructure d'ici là.
« Il y a une multitude de métiers techniques à la RATP, » a souligné M. Piechaczyk, mettant également l'accent sur la nécessité de recruter davantage de femmes, qui ne représentent actuellement que 21 % des employés.
- Un groupe méritocratique -
Ce jeudi, M. Piechaczyk a présenté à la presse l'un des sept postes électriques datant des années 1960-70, essentiels pour alimenter le réseau de métro parisien, situé près du cimetière du Père-Lachaise. Dans ces infrastructures, l'électricité arrive à haute tension, atteignant jusqu'à 225.000 volts, avant d'être transformée pour alimenter les métros.
Il a également évoqué l'importance de la sécurité des postes électriques à haute tension dans un environnement urbain densément peuplé, nécessitant l'usage de gaz isolants. Une autre facette peu connue de l'activité de la RATP consiste à évacuer 10 millions de mètres cubes d'eau souterraine chaque année.
« C'est un groupe méritocratique où l'on peut évoluer de l'opérateur au technicien supérieur, puis cadre, » a-t-il ajouté, précisant que l'entreprise recherche principalement des opérateurs (agents d'exécution) ainsi que des cadres diplômés de bac +2 à bac +5.
L'ancien PDG Jean Castex, maintenant à la tête de la SNCF, avait noté une afflux record de 400.000 CV l'an dernier, marquant un tournant pour la RATP, qui avait connu une pénurie de chauffeurs de bus après la pandémie de COVID-19.







