La grève générale orchestrée contre la réforme du travail souhaitée par le président argentin Javier Milei a suscité une forte mobilisation, selon les syndicats. Cette journée a été marquée par des heurts avec les forces de l'ordre, impliquant une dizaine d'interpellations selon l'AFP.
Les transports ont été largement perturbés, avec une mobilisation impressionnante des manifestants. Le jeudi 19 février a vu l'Argentine faire face à sa quatrième grève générale en réponse à un projet de dérégulation du travail, qui continue cependant de progresser au Parlement.
Des milliers de personnes ont initialement manifesté pacifiquement aux abords du Parlement, avant que des échauffourées n'éclatent entre quelques dizaines d'individus et les agents de police, selon les témoignages de l'Agence France-Presse (AFP).
Des projectiles ont été lancés vers les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en caoutchouc. Cela a entraîné une charge policière pour disperser les manifestants, conduisant à des arrestations, bien que la violence des affrontements ait été considérée comme moindre que lors des précédents événements.
Les transports communs paralysés
Le soutien à la grève a été qualifié d'"extrêmement fort" par Jorge Sola, co-dirigeant de la CGT, revendiquant que l'activité aurait atteint "90 % d'arrêt". Ce chiffre a toutefois été contesté, montrant la fracture au sein du mouvement. Dans les grandes villes, les transports aériens et ferroviaires étaient à l’arrêt, tandis que les bus circulaient sporadiquement, laissant des milliers de travailleurs dans l'incapacité de rejoindre leur lieu de travail.
"Je vais travailler car j'ai peur de perdre mon emploi, mais je n'arrive pas à me déplacer", confiait Nora Benitez, infirmière, qui a dû envisager un trajet à pied de cinq kilomètres. Les rues de la capitale présentent un tableau contrasté avec quelques commerces ouverts, malgré une absence notable de clients à cause des transports interrompus.
Le chef de cabinet Manuel Adorni a qualifié cette grève de "perverse", dénonçant une forme d'"extorsion" car, selon lui, le manque de transport empêche les gens de se rendre à leurs postes.
Une "précarisation" du travail fustigée
Ce mouvement social étant révélateur d'une intensification des tensions au sein de la société argentine, il survient quatre mois après la victoire électorale de Javier Milei. La réforme qui est en cours de discussion au sein de la Chambre des députés vise à simplifier le licenciement, diminuer les indemnités et allonger les heures de travail possibles.
Le gouvernement présente cette "modernisation" du travail comme un moyen d’inciter à l’embauche dans un contexte de forte informalité, expliquant que cela vise à réduire le phénomène des procès en matière d'emploi, a rapporté le quotidien Le Monde. Cependant, la CGT dénonce de son côté qu’il ne s’agit pas d’une avancée, mais d’une "précarisation" du monde du travail.
Ces discussions continuent avec des ajustements proposés pour rallier des voix, mais le projet de loi va de l'avant et pourrait être voté dans les prochains jours. Miles espère finaliser cette réforme phare d'ici le 1er mars pour son discours annuel devant le Parlement.
Alors qu'il fait face à ces tensions intérieures, Milei s'est éloigné à Washington pour assister à un événement en l'honneur de son allié Donald Trump, mettant en évidence le contraste entre sa stratégie économique sur la scène internationale et les luttes sur le sol argentin.
Malgré des progrès significatifs dans la lutte contre l'inflation, Milei navigue sur un terrain fragile, avec une économie marquée par des coupes budgétaires et une réduction de l'emploi public, qui ont entraîné la perte de près de 300 000 postes ces deux dernières années.
Avec AFP







