Ce vendredi, Donald Trump a pris des mesures drastiques en ordonnant à son administration de "cesser immédiatement toute utilisation" de l'intelligence artificielle (IA) d'Anthropic. Cette décision intervient après que la start-up californienne a refusé d'assouplir ses restrictions d'accès à l'IA pour l'armée américaine, invoquant des préoccupations éthiques.
"J'ordonne à toutes les agences fédérales de cesser immédiatement d'utiliser la technologie d'Anthropic. Nous n'en avons pas besoin, nous n'en voulons pas", a déclaré Trump sur sa plateforme Truth Social, soulignant sa frustration face à ce qu'il perçoit comme un échec de la part d'Anthropic à collaborer pleinement.
Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a en effet qualifié cette position d'"acte de trahison", critiquant les "fantaisies idéologiques des géants de la technologie". La décision de la société, qui développe le modèle IA Claude, s'inscrit dans une démarche de protection des valeurs démocratiques, selon son CEO Dario Amodei. Celui-ci a précisé que l'utilisation de l'IA pour la surveillance de masse et les armes autonomes n'était pas en adéquation avec ces valeurs.
Amodei a argumenté que "dans un nombre restreint de cas, l'IA pourrait mettre en péril les valeurs démocratiques au lieu de les défendre". Il a également évoqué le besoin de garde-fous pour le déploiement d'armes autonomes, affirmant que les systèmes d'IA actuels ne garantissent pas une supervision humaine suffisant pour éviter des catastrophes.
Face à ces préoccupations, Trump a qualifié le refus d'Anthropic d'"erreur désastreuse", accusant la start-up de mettre en danger des vies américaines et la sécurité nationale, tout en promettant de ne pas laisser une "entreprise de gauche radicale" dicter les stratégies militaires.
En réponse, environ 400 employés de Google et OpenAI ont exprimé leur soutien à Anthropic, avec une lettre ouverte demandant à leurs dirigeants de rester unis contre les demandes du gouvernement. Des syndicats de grandes entreprises technologiques ont également exhorté leurs membres à rejeter les exigences du Pentagone.
L'ultimatum imposé par Hegseth à Anthropic a expiré dans la soirée du vendredi, et il a ensuite décidé de mettre en œuvre des sanctions, inscrivant la société sur une liste d'entreprises interdites de travailler avec l'armée. Cette opération vise à s'assurer que les modèles d'IA sont utilisés dans le respect des lois en vigueur.
Fondée en 2021 par des anciens d'OpenAI, Anthropic se positionne comme un acteur éthique dans le domaine de l'IA. Récemment, elle a introduit une "constitution" pour son modèle Claude, destinée à encadrer ses usages et à limiter les actions dangereuses.
En parallèle, Trump a annoncé une période de transition de six mois, période pendant laquelle le ministère de la Défense mettra fin à son utilisation des outils d'Anthropic. Contactée par l'AFP, la start-up n'a pas immédiatement répondu aux sollicitations.







