Jeudi, le détroit d'Ormuz ainsi que le Golfe et le Golfe d'Oman ont été désignés comme "zone d'opérations de guerre", réduisant drastiquement la navigation dans cette région stratégique. Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), déclare que "3.000 navires" se retrouvent piégés dans la zone, dont environ 1.200 opérant exclusivement dans cette région, un fait préoccupant alors que des conditions de sécurité se détériorent.
Les grandes compagnies maritimes bloquent leurs navires à destination du Golfe, faisant ainsi chuter le trafic dans le détroit d'Ormuz, vital pour environ 20% de la production mondiale de pétrole. Selon des données de Kpler, le trafic a chuté de 90% en fin de semaine dernière.
Donald Trump a annoncé sur Truth Social avoir donné l'ordre à la United States Development Finance Corporation (DFC) d’offrir des assurances à prix réduit pour le trafic maritime dans le Golfe.
Mais malgré cette déclaration, les analystes restent sceptiques quant à la capacité de l'administration à offrir une réelle sécurité via un système d'assurance publique. Une étude de JPMorgan estime que la DFC n'aura pas la capacité financière nécessaire pour couvrir l'ensemble des risques associés. Natasha Kaneva, analyste chez JPMorgan, a précisé que cette couverture aurait pu nécessiter environ 352 milliards de dollars, une somme qui dépasse largement les ressources actuellement disponibles.
d'autres experts, comme Maximilian Hess, fondent leur scepticisme sur l’absence d’expérience de la DFC dans la gestion des risques liés aux conflits. Ceux-ci soulignent que les capacités de ce type d’assurance sont limitées et nécessitent une révision législative complexe pour augmenter les fonds disponibles.
Un risque environnemental majeur
Les implications ne se limitent pas qu'à des préoccupations financières. Un potentiel événement environnemental désastreux se profile à l’horizon, car le détroit d'Ormuz représente une voie de navigation étroite. Stamatis Tsantanis, directeur général de Seanergy Maritime, souligne l'importance de protéger non seulement les cargaisons, mais aussi celles des marins et des navires.
Du côté de l’administration, des responsables tentent de refuter les critiques, arguant que les analyses de JPMorgan se basent sur des assumptions erronées. Toutefois, les tensions croissantes avec l'Iran, qui menace d'incendier tout navire qui tenterait de traverser le détroit, ajoutent une autre couche de complexité à cette situation déjà volatile.
En somme, les intentions de Donald Trump de réactiver le trafic dans le détroit d'Ormuz à l'aide d'assurances bon marché se heurtent à de nombreux doutes, tant sur la capacité technique que financière des mesures proposées. La crise énergétique et les menaces militaires croissantes rendent cette situation d'autant plus délicate.







