À Göd, en périphérie de Budapest, l'usine de batteries de Samsung est au cœur d'une controverse qui pourrait avoir de profondes répercussions sur la campagne électorale du Premier ministre Viktor Orban. Le site, incriminé par le média hongrois Telex pour avoir exposé ses employés à des dangers sanitaires, révèle une situation préoccupante alors que les élections législatives approchent, prévues pour le 12 avril. Après 16 ans de pouvoir, Orban fait face à une érosion de sa popularité, amplifiée par ces révélations.
Le gouvernement, selon Telex, aurait sciemment ignoré les problèmes découlant de l'usine, qui s'est agrandie à proximité de résidences. Une enquête menée récemment indique que l'exécutif, bien informé de la situation, aurait choisi de laisser le site fonctionner, malgré des alertes sur la santé des travailleurs liés à des substances toxiques.
Viktor Orban, en réponse, a réfuté les accusations, les qualifiant de mensonges orchestrés par l'opposition. Le chef de l'opposition, Peter Magyar, a de son côté alié les informations à une trame de corruption qu'il promet de combattre fermement.
Inaugurée en 2017 dans le cadre d'une politique énergétique ambitieuse, l'usine a bénéficié de plus de 500 millions d'euros de subventions publiques. Aujourd'hui, la hantise de la pollution s'installe chez les riverains, comme en témoigne Erika Nemeth, une retraitée de 67 ans: "L'usine continue d'énormément s'étendre, mais nous sommes dans l'incertitude quant à ce qui se déroule à l'intérieur." D’autres, comme Beata Peimli, optent pour la confiance envers les autorités, arguant que des installations de cette envergure sont forcément surveillées.
Pourtant, Göd-ERT, un groupe écologiste local, conteste cette vision optimiste. Les résultats d'une étude réalisée en 2022 ont révélé la présence de N-méthyl-2-pyrrolidone (NMP) dans les aquifères de la région, une substance particulièrement nocive, en particulier pour les femmes enceintes. Bien que l'usine ait écopé de sanctions pour des manquements en matière de sécurité, les dernières informations de Telex laissent entendre que plusieurs autres normes sont encore transgressées.
En termes d’impact environnemental, la journaliste Zsuzsanna Bodnar, rédactrice pour Atlatszo, s'inquiète des infractions perpétrées par Samsung, qui continuent de menacer la santé publique. Son rapport, corroboré par divers documents internes, indique que, même si le cadre s'est amélioré, les risques persistent.
Pour sa part, Orban tente de minimiser la situation, affirment que la Hongrie se dote des normes environnementales les plus rigoureuses et que l'usine de Samsung opère sans faille. Cependant, alors que ces accusations se multiplient et que la campagne électorale bat son plein, l’avenir politique d’Orban semble de plus en plus incertain, la population se mobilisant autour de ces questions de santé publique et de transparence.
Ni le gouvernement ni Samsung n'ont encore répondu aux nombreuses sollicitations visant à clarifier leur position auprès des médias.







