Mercredi, TotalEnergies dévoilera ses résultats trimestriels, attendus en forte hausse, dans un contexte de flambée des prix des hydrocarbures. Ce phénomène est largement attribué aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui a ramené sur le devant de la scène la question de la taxation des superprofits des compagnies pétrolières.
Dans une communication adressée à ses investisseurs, le groupe français avait déjà anticipé une croissance significative de ses activités d'hydrocarbures. Cela intervient malgré des pertes de production significatives dans le Golfe, représentant environ 15% de son activité mondiale en matière de pétrole et de gaz.
Néanmoins, TotalEnergies devrait compenser ces pertes, notamment grâce à de nouveaux projets au Brésil et en Libye. Ces initiatives permettront au groupe de valoriser ses barils à des prix massivement élevés, compensant ainsi une perte de 100 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne en provenance du Moyen-Orient.
Le conflit, qui a débuté le 28 février avec l'offensive des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, a conduit à un blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, un axe crucial pour le transit de 20% du brut mondial. Cela a engendré une chute marquée des approvisionnements, entraînant une hausse spectaculaire des prix.
Ce contexte a relancé le débat sur la taxation des superprofits pétroliers, une mesure à laquelle le Premier ministre français Sébastien Lecornu a exprimé son soutien potentiel lors d'une séance au Sénat le 8 avril. Il a évoqué une initiative conjointe de plusieurs pays européens, dont l'Espagne, l'Autriche, l'Allemagne, l'Italie et le Portugal, qui souhaitent imposer une taxe sur les bénéfices exceptionnels générés par le secteur énergétique, rappelant les discussions similaires après l'invasion de l'Ukraine par la Russie l'année précédente.
Mardi, BP a également partagé ses résultats pour le trimestre, dévoilant un bénéfice net qui a plus que quintuplé en un an, frôlant les 3,8 milliards de dollars, en grande partie dû à ses activités de négoce de produits pétroliers. Ce mouvement met en lumière les avantages que TotalEnergies pourrait également tirer de la volatilité des marchés, notamment en mars, lorsque les traders ont enregistré des performances remarquables dans le négoce de brut et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Au début d'avril, le Financial Times avait rapporté que TotalEnergies avait réalisé des gains significatifs en achetant presque toutes les cargaisons exportables de pétrole au Moyen-Orient, contournant le détroit d'Ormuz. Le groupe a confirmé cette information sans la démentir, soulignant l'importance de sécuriser ses approvisionnements, tant pour elle-même que pour ses clients.







