Ce mardi 28 avril, l'ancien maire d'Aire-sur-l'Adour, Xavier Lagrave, accompagné de son épouse Chrystèle Pla, directrice générale des services municipaux, a été jugé à Mont-de-Marsan. Cinq agents municipaux les accusent de harcèlement moral, des faits qui se seraient étalés sur plus de dix ans, de 2014 à 2025. Le tribunal rendra son délibéré le 23 juin 2026.
Les débats, qui se sont prolongés jusqu'à tard dans la nuit, ont révélé des témoignages accablants de la part des plaignants. Ces agents, issus de divers services de la mairie, décrivent des comportements similaires : reproches excessifs, ton agressif, instructions contradictoires, et propos dégradants. Une ancienne chargée de communication a relaté un échange où l'ancien maire a eu des mots très durs, tels que, "Tu ne sais pas écrire, tu fais trop d’écrits à la Prévert." Un autre agent a rapporté avoir été traité de "mauvais dans tout", tandis que d'autres ont fait état de tensions lors de moments de pause, comme lors de la pause café.
Une défense controversée
Xavier Lagrave et son épouse contestent fermement ces accusations, arguant que "ce n’était pas une attaque personnelle" et affirment avoir agi dans un esprit de respect. Lors de l'audience, Lagrave a pris la parole en reconnaissant avoir pu faire des commentaires critiques, mais en niant toute intention de nuire. "Je ne le fais pas dans le but de rabaisser ou de nuire", a-t-il assuré. D’autres témoins, tels qu'une ancienne adjointe, ont tenté de soutenir leur version des faits, décrivant leurs relations comme tendues mais non hostiles.
Management critique et conséquences
Les débats ont également mis en lumière la méthode de communication de l'ancien maire. La présidente du tribunal a insisté sur le fait que "c'est la façon dont vous dites les choses" qui est problématique. Un échange par mail, jugé agressif, a été évoqué pour illustrer ce point. La magistrate a notamment questionné Lagrave sur ses habitudes de communication, soulignant qu'elles pouvaient être perçues comme violentes et intimidantes.
L’avocate des parties civiles a décrit le couple comme ayant mis en place "un management toxique répété", avec des effets néfastes sur la santé mentale des agents. Les expertises psychologiques évoquent des troubles tels que l'insomnie, l'anxiété et même des pensées suicidaires chez plusieurs plaignants. "Je suis désolée qu’ils soient mal, mais je ne comprends pas que ce soit à cause de moi", a rétorqué Chrystèle Pla, en réponse aux préoccupations soulevées.
Vers une décision de justice
Dans ce contexte chargé d'émotions, l'avocate a requis des peines de 12 mois de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité pour Lagrave, ainsi que huit mois et cinq ans d'inéligibilité pour Pla. Le tribunal de Mont-de-Marsan devra maintenant trancher dans cette affaire délicate et déterminer les conséquences des agissements reprochés aux deux prévenus.







