Un vent de changement souffle sur la Hongrie alors que Peter Magyar, élu récemment Premier ministre, s'apprête à rencontrer les responsables des institutions européennes à Bruxelles. Ce rendez-vous marque le début de nouvelles négociations visant à rétablir des relations cordiales entre Budapest et l'UE.
Les attentes sont élevées pour ce futur dirigeant : Magyar espère obtenir des avancées concrètes, notamment la libération de plusieurs milliards d'euros de fonds européens bloqués à cause des politiques de Viktor Orban, son prédécesseur. « C'est presque comme si la Hongrie renouait vraiment avec l'Union européenne », a déclaré l'eurodéputé écologiste allemand Daniel Freund à l'AFP.
La chute d'Orban, après 16 ans de gouvernance controversée, a été accueillie avec un soulagement palpable au sein de l'UE. Ce dernier avait souvent frustré les leaders européens avec ses alliances douteuses et ses positions sur des sujets sensibles tels que la crise ukrainienne. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué l'élection de Magyar comme un retour au « chemin européen » de la Hongrie.
« On ne peut pas se permettre d'attendre », a affirmé Magyar sur X, soulignant le besoin urgent de réparation des liens entre son pays et l'Europe. En effet, plusieurs réunions préliminaires ont déjà eu lieu pour établir les points de discussion qui devraient être abordés durant sa première visite officielle.
Les leviers financiers sont au cœur des préoccupations, avec une somme de 18 milliards d'euros pour Budapest qui reste inactive en raison des préoccupations relatives aux droits de l'homme et à la corruption durant le mandat d'Orban. Bruxelles semble disposée à envisager un déblocage de ces fonds, conditionnant toutefois leur accès à un engagement positif et tangible de Magyar.
Des voix au sein de l’UE appellent à faire preuve de prudence. Certains élus veulent s'assurer que les réformes nécessaires soient mises en œuvre avant le dégel de l'argent. Les détails des exigences pour Magyar, qui possède une majorité solide au Parlement, feront l'objet de discussions clés, surtout concernant ses promesses d'adopter des mesures pro-européennes et de mettre en œuvre des réformes telles que l’abrogation des lois sur les droits LGBT+.
Récemment, Magyar a également exprimé son intention d'organiser une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, un geste qui pourrait symboliser un déclin des tensions qui marquaient les relations entre ces deux pays sous l'ère Orban.
Lors de sa visite à Bruxelles, le futur Premier ministre aura également l'occasion de discuter avec Antonio Costa, le président du Conseil européen, tout en espérant tourner définitivement la page d'une époque marquée par de nombreux affrontements diplomatiques.







