Donald Trump intensifie ses efforts pour que ses alliés, ainsi que la Chine, s'engagent à sécuriser le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz, une voie vitale dominée par l'Iran. Ce développement intervient alors que plusieurs puissances mondiales, à partir de ce lundi, commencent à exploiter leurs réserves stratégiques pour éviter un bouleversement pétrolier majeur.
Au quinzième jour d'une escalade militaire au Moyen-Orient, les bombardements israéliens continuent de frapper des cibles au Liban et en Iran, tandis que l'aéroport de Dubaï, un important hub aérien mondial, a dû fermer temporairement en raison d'un incendie lié à une attaque de drone.
Tout en affirmant que l'Iran a subi des pertes considérables à la suite d'opérations américano-israéliennes, Trump a admis avoir entamé des pourparlers avec Téhéran, sans toutefois donner de détails précis. "Il y a des discussions en cours. Cependant, je ne pense pas qu'ils soient prêts à conclure un accord", a-t-il déclaré aux journalistes dimanche soir.
Dans une interview accordée au Financial Times, Trump a élargi son appel à l'aide en exhortant ses alliés et la Chine à déployer des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, une voie par laquelle transite un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et gaz liquéfié, cruciale pour les économies asiatiques et européennes.
"Il est normal que ceux qui bénéficient de ce détroit participent à sa sécurité", a ajouté le président, précisant que la marine américaine commencerait "dans un avenir proche" à escorter les pétroliers.
Trump a également averti que le refus de la part des membres de l'Otan aurait des conséquences négatives sur l'alliance, menaçant de reporter un voyage en Chine prévu fin mars.
- Refus de coopération du Japon et de l'Australie -
Les premières réponses à sa demande ont été nuancées. Le Japon, selon sa Constitution pacifiste de 1947, a clairement exprimé qu'il ne prévoit pas d'envoyer de navires dans cette zone. "Nous n'enverrons pas de navires dans le détroit d'Ormuz", a aussi confirmé Catherine King, ministre australienne des Transports.
Le ministère des Affaires étrangères iranien a mis en garde les nations envisageant de répondre à l'appel de Washington, les conseillant de rester à l'écart de toute action susceptible d'aggraver le conflit.
Les prix du pétrole, après avoir flambé, montrent des signes de stabilisation autour de 100 dollars le baril. À la lumière de cette crise, les membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont récemment convenu de libérer ensemble 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques, une décision sans précédent en 50 ans d'histoire de l'agence.
Ce lundi, le Japon, dont 95 % des importations pétrolières proviennent du Moyen-Orient, a confirmé qu'il commencerait à puiser dans ses réserves, parmi les plus importantes au monde.
- La guerre se poursuit sur le terrain -
Sur le front militaire, Israël a intensifié ses frappes, annonçant une nouvelle série d'attaques sur les infrastructures en Iran et bombardant des cibles dans le sud de Beyrouth, point névralgique du Hezbollah, mouvement pro-iranien.
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a dénoncé une "destruction écologique" due aux attaques israéliennes, avertissant que la contamination pourrait avoir des effets dévastateurs sur la santé des populations locales.
Israël, quant à lui, a été mis en alerte après la détection de missiles lancés depuis l'Iran. En réponse à la guerre, l'Iran a également visé des bases militaires américaines et des infrastructures civiles à travers le Golfe, justifiant ainsi ses actions par les preuves d'une utilisation militaire de ces installations contre son pays.
Ce lundi, des tirs de roquettes ont blessé cinq personnes à l'aéroport international de Bagdad, qui abrite également un centre diplomatique américain, selon des informations publiées par des sources de sécurité irakiennes.







