Les résultats du premier tour des élections municipales en France, qui se sont tenus le 15 mars, montrent une dynamique nouvelle avec une forte avancée du Rassemblement national (RN) et de La France insoumise (LFI). Parfois perçus comme des acteurs marginaux lors des municipales, ces partis ont réussi à s'implanter de manière significative, en particulier dans les deux plus grandes villes, Paris et Marseille.

Le RN, traditionnellement moins en vue lors des scrutins locaux, a célébré des résultats prometteurs, notamment à Marseille. Au coude-à-coude, Franck Allisio (35 %) est très proche du maire sortant Benoît Payan (36 %). Sébastien Delogu, le candidat LFI, malgré un score de près de 12 %, espère se maintenir pour le second tour et critique la “position irresponsable” de Payan qui a refusé de collaborer avec lui contre le RN, une situation que souligne The Guardian.

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs réalisé un fort score dans le nord du pays, avec des résultats notables à Roubaix, Toulouse, Lille et Limoges, fruit d'une mobilisation des jeunes électeurs. LFI a également remporté la mairie de Saint-Denis avec plus de 50 % des voix, renforçant ainsi sa présence locale, comme l'indique le quotidien britannique.

La bataille pour Paris

À Paris, Emmanuel Grégoire, candidat socialiste, a pris une avance significative avec 38 % des voix, devançant Rachida Dati de la droite (25 %). La candidate LFI Sophia Chikirou et Pierre-Yves Bournazel, macroniste, ont tous deux obtenu 11 %. Toutefois, l'enjeu crucial reste de savoir si des alliances se formeront entre ces partis, comme le souligne Il Corriere Della Serra, dans un contexte où la droite et l'extrême droite cherchent à imposer un front commun pour le second tour.

La candidate d’extrême droite Sarah Knafo a même suggéré une alliance avec Dati pour contrer les résultats à gauche. Son appel à une union avec les macronistes pourrait jouer un rôle décisif dans les prochaines manœuvres. De son côté, Chikirou a fait savoir qu'elle maintiendrait sa candidature si des discussions ne survenaient pas avec Grégoire, comme le rapportent divers médias.

Une montée alarmante de l’extrême droite

De nombreux analystes, dont ceux d'El Mundo, notent que cette élection sert de baromètre en vue de la présidentielle de 2027, posant la question de l'hégémonie du RN qui a enregistré des victoires significatives. À Nice, Éric Ciotti, député allié au RN, arrive largement en tête avec 43 %, tandis qu’à Perpignan, le maire sortant Louis Alliot est réélu au premier tour.

Pour sa part, La Libre souligne des surprises, notamment à Lyon où l’ancien président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, ne parvient pas à dominer l’élection.

Enfin, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe a réussi à s’imposer au Havre, consolidant son avenir politique en vue de la prochaine présidentielle, tout comme les Verts qui tentent de préserver leur présence à Bordeaux et Lyon malgré des pollutions électorales, comme l'observe Le Temps.

Alors que la participation a été annoncée comme relativement faible, indiquée à environ 57 %, elle demeure supérieur à celle de 2020, cela montre que les répercussions des élections restent d’une importance capitale pour la politique française générale.