Le projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, l'un des derniers grands changements ferrovaires en France, pourrait se retrouver menacé suite à l'issue des élections municipales à Toulouse ce dimanche. François Piquemal, député de La France Insoumise, a affiché son opposition à ce projet avisé qui devrait permettre de relier Toulouse à Paris en seulement 3h10 à partir de 2032, constituant ainsi un gain de temps significatif par rapport aux trajets actuels.
La future ligne ferroviaire LGV, dont les travaux devraient commencer en 2024, est estimée à 14,3 milliards d'euros. Toutefois, la viabilité de ce projet est remise en question par Piquemal, qui argue que cette ligne aura des impacts environnementaux néfastes et que le financement n'est pas encore sécurisé. Il a déclaré que "la LGV, c'est des dégâts environnementaux", soulignant que le projet, entamé il y a vingt-cinq ans, n'a toujours pas de financement bouclé.

Maire de Toulouse depuis 2014, Jean-Luc Moudenc, qui soutient le projet TGV, a mis en avant que sa liste est "100% pro-LGV". En revanche, Piquemal, dont la liste, arrivé en deuxième position, est opposée à l'agrandissement des infrastructures ferroviaires. "On fait un partage de gouvernance, ça existe dans d'autres métropoles", a-t-il lancé, faisant référence à une coalition avec François Briançon, tête de liste PS-Écologistes-Place publique.
"La validation du projet LGV va dépendre des votes de la métropole et des élus au conseil métropolitain", a souligné Piquemal, ajoutant que "les élus du côté de l'union de la gauche auront un poids significatif".
Quant à Moudenc, il a dénoncé la composition de la liste adverse, la qualifiant de "20% pro-LGV et 80% contre". Il espère que les Toulousains voteront pour une équipe pleinement engagée en faveur de la LGV.
Une réévaluation de l’engagement de l’État en matière de financement
Le financement du projet est au cœur d'un débat intense. Actuellement, il est prévu que l'État prenne en charge 40% des coûts, tandis que 40% proviendront des collectivités locales d'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine, et 20% de l'Union européenne. Cependant, le gouvernement envisage de revoir ce soutien budgétaire, alors que les coûts des infrastructures continuent d'augmenter.
Le ministre des Transports prône l'établissement de partenariats public-privé (PPP) pour la réalisation de cette infrastructure, ce qui suscite des réactions mitigées de la part des responsables locaux, notamment Carole Delga, présidente de la région Occitanie. Elle préfère maintenir le financement public, même si cela signifie l'étaler sur plusieurs décennies, afin de garantir la réalisation du projet.







