Le Français qui a métamorphosé la Banque du Vatican tire sa révérence

Un changement de leadership dans la banque du Vatican après une réforme marquante.
Le Français qui a métamorphosé la Banque du Vatican tire sa révérence
Sous le pontificat de François, Jean-Baptiste de Franssu a réformé l’IOR en modernisant ses pratiques, mais des défis persistent.

Jean-Baptiste de Franssu, acteur central dans la réforme des finances du Vatican depuis 2014, va quitter son poste à la tête de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), communément appelé la Banque du Vatican, révèle Paris Match.

Arrivé à un moment critique marqué par divers scandales, il a hérité d'une institution aux pratiques douteuses, entre blanchiment d'argent et opérations financières énigmatiques liées à des intérêts politiques en Italie.

Dès son mandat, l’IOR prenait une image ternie, notamment à cause de l'implication dans des affaires de criminalité organisée dans les années 70 et 80, poussant le pape François à initier des réformes radicales.

Sous la direction de de Franssu, de réelles avancées ont été réalisées : plus de 5.000 comptes problématiques ont été fermés, le secret bancaire a été aboli, et l'IOR a accepté d'être régulé par l'Autorité de supervision financière du Vatican. Ces changements ont aidé l'institution à émerger progressivement de sa réputation de paradis fiscal et à adhérer aux normes de transparence internationales.

La fin d'un paradis fiscal

"Le temps des errements est loin derrière nous," a-t-il confié au Figaro en 2024. "Nous avons été acceptés dans le système européen de paiement, et le Vatican a conclu des accords fiscaux avec les pays clients."

En 2015, il a mis un terme au secret bancaire, marquant la fin du statut de paradis fiscal pour le Vatican.

Ces accomplissements se distinguent des efforts avortés de son prédécesseur, Ettore Gotti Tedeschi, qui avait dû faire face à une période de gouvernance instable, nourrie par des scandales financiers, et qui avaient même contribué à la décision historique de Benoît XVI de démissionner.

Malgré les tensions internes, de Franssu a su maintenir son cap. Il a affronté des départs au sein de la direction, des campagnes de déstabilisation et la chute de son proche allié, le cardinal George Pell. Accusé à tort d'avoir l'intention de transformer l'IOR en un établissement bancaire d'investissement, il a continué ses réformes avec détermination.

Des défis subsistent au Vatican

Considérée comme l'une des indiscutables réussites du pontificat actuel, la réforme de l'IOR n'est cependant pas complète. Certaines zones d'ombre demeurent, notamment concernant l'Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA), qui gère les biens et investissements du Vatican, et qui est encore peu contrôlée.

Avant de rejoindre le Vatican, Jean-Baptiste de Franssu avait une carrière bien établie dans le secteur financier, ayant dirigé une filiale de la Caisse des Dépôts avant de rejoindre le groupe américain Invesco. En 2011, il a fondé son propre cabinet, mais en 2013, attiré par la volonté de réformer le Vatican, il a accepté la mission du pape François pour auditer ses finances.

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